Gipsstraße 12, 10119 Berlin-Mitte 030 2809 9905 lundi 14h–19h mardi au vendredi 11h–19h samedi 11h–18h

On entend aujourd'hui par fanatisme une folie religieuse, sombre et cruelle. C'est une maladie de l'esprit qui se gagne comme la petite vérole. Les livres la communiquent beaucoup moins que les assemblées et les discours. On s'échauffe rarement en lisant : car alors on peut avoir le sens rassis. Mais quand un homme ardent et d'une imagination forte parle à des imaginations faibles, ses yeux sont en feu, et ce feu se communique ; ses tons, ses gestes, ébranlent tous les nerfs des auditeurs. Il crie : « Dieu vous regarde, sacrifiez ce qui n'est qu'humain ; combattez les combats du Seigneur » et on va combattre. Le fanatisme est à la superstition ce que le transport est à la fièvre, ce que la rage est à la colère. [...]

Voltaire extrait du Dictionnaire philosophique, 1764

Livres

Beaux-livres

L'Information-Consommation

de Sempé

Éditions Denoël, 11/2023
41,50 €

« L'Information-Consommation était épuisé depuis 1975. J'ai souhaité sa réédition, car, enfant, il me faisait beaucoup rire avec ses dessins de la ville telle que je la vivais : ses gigantesques publicités, ses slogans répétitifs et ses marques ridicules. Je n'y percevais pas, alors, sa dimension politique liée à l'actualité de 1968, ni sa critique de la société de consommation. Ces thèmes font écho à l'époque que nous vivons. En vidant son appartement, j'ai trouvé un grand carton à dessin jamais ouvert depuis, compressant des quotidiens de mai et juin 1968, preuve du fort intérêt de mon père pour ces événements et leurs combats. Le livre parut en 1968 dans un petit format. La présente édition reprend les larges dimensions de ses derniers albums. Afin de restituer la finesse et la qualité du trait de mon père, la gravure a été faite à partir des nombreux dessins originaux encore accessibles. J'ai voulu l'enrichir d'inédits, variantes, études de personnages ou de foules qu'il avait réalisés à l'époque et conservés dans un même carton. Ces ajouts devraient intéresser les amateurs de son oeuvre. » Inga Sempé

Nadja, un itinéraire surréaliste

Collectif

Éditions Gallimard, 2022
41,00 €

« J'ai vu ses yeux de fougère s'ouvrir le matin sur un monde où les battements d'ailes de l'espoir immense se distinguent à peine des autres bruits qui sont ceux de la terreur et, sur ce monde, je n'avais vu encore que des yeux se fermer. »

En cet été 1927, au manoir d´Ango en Normandie, André Breton travaille à un court livre autobiographique évoquant sa rencontre avec une jeune femme, Léona Delcourt, que la postérité littéraire retiendra sous le nom de Nadja. De cette brève et intense attraction réciproque, le poète tire un texte parsemé d´images qui met en scène les hasards, les pérégrinations, les coïncidences, comme déterminants de l´aventure amoureuse, de l´écriture et des arts.

Au gré du récit, cet ouvrage propose une déambulation à travers l´univers unique de Nadja, du surréalisme alors à son acmé, et lève le voile sur celle qui en fut l´héroïne.

Homo détritus

de Stéphan Gladieu (Photographie), Wilfried N'Sondé

Éditions
34,00 €

Une série de portraits à la rencontre de "Ndaku ya la vie est belle", collectif d'artistes congolais qui réemploient des déchets pour revisiter des habits traditionnels et dénoncer la pollution industrielle. Un mouvement artistique qui emprunte beaucoup à la démarche de l'Arte Povera, mouvement contestataire de la société de consommation à la fin des années 1960 en Italie.

Des photographies pour une prise de conscience salutaire sur l’accumulation inexorable des déchets qui dénaturent la planète. Sous l'objectif de Stéphan Gladieu, on découvre des personnages fantasmagoriques recouverts de toutes sortes de détritus qui deviennent de splendides costumes aussi intrigants qu'étonnants ; des Homo Détritus, fabuleusement grotesques et terriblement évocateurs d'un mal moderne : celui de la vanité de la surconsommation.

Berlin : petit atlas hédoniste

d'Élodie Benchereau, Daniel Farò

Éditions du Chêne, 2021
32,00 €

Découvrir l'histoire de Berlin sur ses murs marqués par la guerre. ♦ Se promener dans le parc du Tiergarten. ♦ Admirer la vue depuis le Panoramapunkt. ♦ Chiner dans les allées du marché aux puces de Landwehrkanal. ♦ S'attabler dans un Biergarten et déguster une Currywurst. ♦ Voyager à l'époque de la RDA en remontant la Karl-Marx-Allee. ♦ Comprendre l'architecture et la conception de la Philharmonie de Berlin. ♦ Danser dans une salle de bal centenaire. ♦

LES PETITS ATLAS HÉDONISTES : une collection de livres de voyage pour découvrir les destinations autrement, comme un voyageur privilégié. Un découpage par quartiers avec des cartes pour situer les principaux lieux à visiter. Des doubles-pages thématiques pour découvrir, rencontrer et comprendre la ville. Un rappel des essentiels à visiter pour ne rater aucun incontournable. Des itinéraires de promenade pour flâner et découvrir chaque quartier autrement.

Kaliningrad ; la petite Russie d'Europe

de Dominique de Rivaz et Dmitri Letschuk, Patrick Vallon (Traducteur)

Éditions Noir sur Blanc, 2020
41,00 €

Domiciliée à Berlin depuis vingt ans, Dominique de Rivaz est attirée par un lieu proche et lointain à la fois : la région de Kaliningrad, qui se trouve à 600 kilomètres de la capitale allemande. La photographe s'y rend à plusieurs reprises, apprivoisant le passé hanté par Königsberg, la capitale disparue de la Prusse-Orientale, et par la Deuxième Guerre mondiale. Elle découvre avec émerveillement une « petite Russie d'Europe » et en ramène des photographies inédites qui témoignent, à travers les saisons, des traces du passé allemand et de la vie d'aujourd'hui.

Le regard du photographe biélorusse Dmitri Leltschuk est lui aussi curieux, vivant et bienveillant. Avec le journaliste Maik Brandenburg, il réalise un photoreportage qui fait la part belle aux habitants. Tous deux révèlent des facettes peu connues de Kaliningrad, tiraillée entre le passé et le présent, marquée par l'architecture gothique et la démesure soviétique.

Un texte passionnant de Cédric Gras éclaire l'histoire et la géographie de cet « Extrême-Ouest », ce lieu pareil à nul autre qui constitue le point le plus occidental de l'empire russe.

Borders

de Jean-Michel André et Wilfried N'Sondé

Éditions Actes Sud, 2021
41,00 €

Le point de départ de ce projet se situe dans la jungle de Calais, à la veille de l'évacuation du bidonville en 2016. Jean-Michel André a poursuivi ce travail photographique pendant trois ans, en France, en Italie, en Espagne et en Tunisie. Partout, il a rencontré des réfugiés qui cherchaient un abri. Des femmes, des enfants et des hommes réunis dans l'espoir de réaliser la dernière traversée. Ce projet nous invite à un cheminement, celui de l'exil, de l'errance mais aussi de l'espérance et de la résistance. L'écriture de Jean-Michel André et de Wilfried N'Sondé questionne le rapport à l'autre et interroge les notions de frontière réelle et imaginaire.

Une histoire mondiale des femmes photographes

de Luce Lebart

Éditions Textuel, 11/2020
71,00 €

Une fabuleuse somme collective, un livre manifeste, un ouvrage de référence : telle est l'ambition de cet ouvrage co-construit par 160 autrices du monde entier qui présentent 300 femmes photographes, de l'invention du médium aux années 2000. Ainsi les portraits de chaque photographe ont été rédigés par des femmes de toute nationalité pour se prémunir de l'écueil d'un regard "occidentalo-centré". Les séquences de portraits alternent avec des portfolios qui font dialoguer les oeuvres entre elles.

Vivre ma vie - Une anarchiste au temps des révolutions

d'Emma Goldman, Laure Batier et Jacqueline Reuss (Traductrices)

Éditions l'échapée, 2018
32,00 €

Née en 1869 dans l’Empire russe, Emma Goldman s’exile aux États-Unis à 16 ans. Pauvreté, exploitation et désillusions l’y attendent. Elle plonge alors à corps perdu dans le chaudron politique et intellectuel. Activiste et conférencière anarchiste aussi célèbre que redoutée, elle sillonne au gré des luttes une Amérique en pleine ébullition. Expulsée en 1919 vers la Russie, accueillie chaleureusement par Lénine, elle découvre une réalité qu’elle ne cessera de dénoncer avec courage tout en poursuivant son inlassable combat pour l’émancipation.

Son époustouflante épopée mêle morceaux de bravoure et moments d’intimité, grands affrontements politiques et vie d’une femme hors du commun, poésie et quotidien, espoir et désenchantement. Ce texte magistral est à la fois une fresque historique qui donne le vertige, tant on y croise toutes les grandes figures révolutionnaires, une œuvre puissante d’une rare sensibilité et l’un des plus beaux chants d’amour à la révolte et à la liberté.

Un monument de la littérature anarchiste enfin traduit intégralement en français.

Marguerite Yourcenar - Portrait intime

d'Achmy Halley

Éditions Flammarion, 2018
32,00 €

Qui était Marguerite Yourcenar ? Derrière l'image de la grande écrivaine, première femme élue à l'Académie française en 1980, se cachait un être libre et passionné. Celle qui se considérait comme la "servante des oiseaux" et voyait la cuisine comme une alchimie, a pleinement vécu en accord avec ses convictions. Citoyenne du monde, pionnière de l'écologie, militante de la cause animale... Au travers de son art de vivre et d'une sélection de ses recettes de cuisine préférées, de nombreux documents d'archives parfois inédits et de ses écrits, se dessine le récit intime de sa vie.

Sexe, race & colonies

de Pascal BLANCHARD, Nicolas BANCEL, Gilles BOËTSCH, Dominic THOMAS, Christelle TARAUD

Éditions la Découverte, 09/2018
68,00 €

Reposant sur plus de mille peintures, illustrations, photographies et objets répartis sur six siècles d’histoire au creuset de tous les empires coloniaux, depuis les conquistadors, en passant par les systèmes esclavagistes, notamment aux États-Unis, et jusqu’aux décolonisations, ce livre s’attache à une histoire complexe et taboue. Une histoire dont les traces sont toujours visibles de nos jours, dans les enjeux postcoloniaux, les questions migratoires ou le métissage des identités.

C’est le récit d’une fascination et d’une violence multiforme. C’est aussi la révélation de l’incroyable production d’images qui ont fabriqué le regard exotique et les fantasmes de l’Occident. Projet inédit tant par son ambition éditoriale, que par sa volonté de rassembler les meilleurs spécialistes internationaux, l’objectif de Sexe, race & colonies est de dresser un panorama complet de ce passé oublié et ignoré, en suivant pas à pas ce long récit de la domination des corps.

Lire un extrait : https://fr.calameo.com/read/000215022ab0c1881d2df

Danser Pina

de Rosita Boisseau et Laurent Philippe

Éditions Textuel, 2018
57,00 €

Qui de mieux pour évoquer l'oeuvre de Pina Bausch que les fidèles danseurs de sa compagnie, le Tanztheater Wuppertal ? Les récits de vingt-quatre d'entre eux, intimes et intenses, recueillis par Rosita Boisseau sont autant une délectation qu'une révélation. Car Pina, secrète, ne laissait rien filtrer de sa mythique fabrique. Tout est exceptionnel dans cette aventure collective de près de quarante ans : de la singulière "méthode" des questions jusqu'à la longévité des carrières.

Aucune autre compagnie ne nous a permis de traverser un tel spectre de sensations artistiques et humaines suscitant un attachement qui confine à l'addiction. La rencontre avec ces magnifiques danseurs forme un bouquet polyphonique fascinant rythmé par les sublimes images de Laurent Philippe : solos, duos, trios, tableaux. Ne jamais les quitter, ne jamais lui dire adieu.

Une avant-garde polonaise - Katarzyna Kobro et Władysław Strzemiński

de Jaroslaw Suchan et Karolina Ziebinska-Lewandowska

Éditions Skira, 2018
37,00 €

Katarzyna Kobro et Wladyslaw Strzemiríski sont des figures majeures de l'avant-garde constructiviste polonaise. Radicaux dans leur posture artistique, ils travaillent conjointement au renouveau de l'art. Tandis que Kobro reformule te langage moderne de la sculpture - en la professant comme forme d'architecture -, Strzemiríski développe celui de la peinture, à travers sa théorie de l'unisme, poussant à l'extrême l'idée de l'autonomie organique du tableau.

Ils se rapprochent des cercles réformateurs de l'art cubistes, suprématistes et constructivistes, et deviennent membres de plusieurs avant-gardes artistiques, avant de finalement créer leur propre groupe : a.r. Artistes engagés au sein d'une époque fortement troublée, l'oeuvre qu'ils nous lèguent laisse entrevoir l'idéal qui les a menés.

Vienne avant la nuit

de Robert Bober

Éditions P.O.L., 2017
35,00 €

Dans les premières années du siècle dernier, l’arrière-grand-père de Robert Bober, Wolf Leïb Fränkel, tenta d’émigrer aux Etats-Unis, en avant-garde de sa famille restée en Pologne. Refoulé à Ellis Island, il décida de s’installer en Autriche, à Vienne, où la vie était pour les Juifs plus facile qu’en Pologne, et il y fit venir sa femme et ses enfants. Wolf Leïb Fränkel est mort en 1929, avant que la nuit nazie ne tombe sur l’Europe. A l’époque, Vienne était une ville cosmopolite, ouverte, une capitale intellectuelle et artistique, effervescente. Modeste ferblantier, il est peu probable que Wolf Leïb Fränkel ait jamais croisé les grands écrivains qui en fréquentaient les célèbres cafés, mais, pour Robert Bober dont l’œuvre se nourrit de cette culture d’Europe centrale qui éclaira le monde, ils sont indissociables. C’est à la recherche de cet arrière-grand-père et de la Vienne d’alors, et pour faire un film de cette recherche, que Robert Bober s’est lancé en 2012. Abondamment illustré, notre livre reprend des images du film ainsi que son titre, des documents historiques, le texte écrit par Robert Bober lui-même et qu’il dit en voix off, mais augmenté par rapport au film. Vienne avant la nuit, le film, réalisé par Robert Bober et produit par « Les Films du Poisson », sortira en salles, comme notre livre, début octobre 2017. Robert Bober a publié plusieurs livres aux éditions P.O.L (Quoi de neuf sur la guerre, Prix du livre Inter 1993) et réalisé de nombreux films pour la télévision.

Roman-photo

Collectif

Coédition Textuel / Mucem, 2017
41,00 €

Le roman-photo fait son entrée dans la catégorie beaux-livres avec le catalogue de l’exposition du Mucem. Coédité par les éditions Textuel, en grand format sur un papier de qualité – contrairement aux publications originales qui sacrifiaient souvent les photos au scénario et imprimaient à l’économie –, le catalogue Roman-photo fait la part belle aux images, donnant à voir sous leur meilleur profil les scènes typiques des drames illustrés des revues de l’éditeur italien Mondadori ou de Nous Deux : passion, dolce vita, jalousie, trahison, violence, adultère... Toutes les émotions y passent, romançant l’histoire, l’évolution et la diversité d’un genre qui a comme nul autre photographié la société des Trente Glorieuses.

Sous la direction de Marie-Charlotte Calafat et Frédérique Deschamps, avec les contributions de Jan Baetens, Christophe Bier, Emmanuel Guy, Marcela Iacub et Grégory Jarry.

Gauguin, ancien culte mahorie

de Paul Gauguin

Éditions Beaux Livres Gallimard, 2017
27,00 €

En 1891, Paul Gauguin (1848-1903) quitte la France, sa femme et ses enfants pour se rendre à Tahiti. Dès son arrivée, il veut se dépouiller de sa culture d'Européen et pénétrer l'esprit et les mœurs locaux. Il y reste 3 ans.

C'est lors de ce premier séjour qu'il rédige l'Ancien Culte mahorie. D'une écriture fluide et scandé d'aquarelles et de dessins d'une fraîcheur incomparable, il décrit la création de l'univers, énumère la longue liste des dieux, consigne les croyances et les prières des anciens Tahitiens. Appartenant au musée d'Orsay et conservé au Louvre, le précieux cahier semble modeste, pourtant il n'en constitue pas moins la matrice de l'œuvre tahitienne de Gauguin, le laboratoire expérimental et la genèse de sa quête spirituelle et artistique.

Ce fac-similé est suivi d'une présentation de Bérénice Geoffroy-Schneiter, spécialiste des arts non-occidentaux, qui replace dans le contexte de son époque l'originalité et la force de la démarche de Gauguin, artiste «primitiviste» bien avant Picasso et Derain.

Barbara

Collectif

Éditions Flammarion, 2017
37,00 €

Photographies rares, manuscrits inédits, archives personnelles, extraits d'écrits, d'interviews et de chansons...

Pour la première fois se dessine, derrière l'image de la «dame en noir», la vraie Barbara, vibrante, espiègle et drôle, entièrement dévouée à son art.

Ouvrage réalisé à l'occasion de l' exposition Barbara, organisée par la Cité de la Musique-Philarmonie de Paris, du 13 octobre 2017 au 28 janvier 2018.

Exposition Barbara : une longue dame brune, un visage aux traits dessinés, des textes ciselés chargés de mélancolie, telle est l’image en clair-obscur qui s’impose sur papier glacé. L’exposition propose au contraire de passer derrière le rideau : elle raconte l’histoire d’une petite fille juive à l’enfance meurtrie, qui décida que le spectacle serait sa vie et le théâtre, le décor de son quotidien ; elle dévoile la femme que devint Barbara, vibrante et lumineuse.

Sa voix, son timbre inimitable embarque le visiteur dans le récit profond et réjouissant de cette libération. S’y découvrent ses débuts méconnus à Bruxelles, où la jeune Monique Serf affronte la pauvreté mais impose sa diction travaillée et son allure gironde. Quand vient l’heure du retour à Paris, Barbara, cheveux courts, silhouette amincie vêtue de noir, se frotte à la bohème des cabarets. De ces années d’errance, la « chanteuse de minuit » gardera irrémédiablement le goût du voyage, du précaire et de la liberté. Si elle chante d’abord les mots des autres, ceux de Brel et de Brassens, Barbara écrit bientôt ses « petits zinzins » : des confidences musicales et feutrées, comme une manière de s’offrir sans se découvrir. Cachée derrière son piano, puis debout, puis dansante, la femme se métamorphose enfin, sous le regard des grands photographes de l’époque : Robert Doisneau, Jean-Pierre Leloir, Just Jaeckin…

L'Humanité figures du peuple

de Danielle Tartakowsky et Gérard Mordillat

Éditions Flammarion, 2017
37,00 €

Une plongée dans les archives photographiques du journal

Le 18 avril 1904, le premier numéro de L'Humanité sort dans les kiosques. Tout au long du XXe siècle, le journal a constitué un fonds iconographique exceptionnel, couvrant les événements historiques les plus marquants comme les histoires les plus anonymes du peuple. Photographes du journal, membres du réseau des correspondants de L'Humanité, pigistes, particuliers : nombreux sont ceux qui ont contribué à la constitution de cet ensemble patrimonial unique, riche de plus de deux millions d'images.

Danielle Tartakowsky, l'historienne, et Gérard Mordillat, l'écrivain, se sont emparés – chacun dans le style qui leur est propre – d'un morceau de cette histoire, portant leur regard sur ces images à l'esthétisme puissant et à la remarquable force documentaire. À travers leurs choix, ils nous entraînent dans une traversée subjective et inédite du siècle.

Rester vivant - To stay alive

de Michel Houellebecq

Coédition Palais de Tokyo-Flammarion, 2016
18,00 €

RESTER VIVANT (23/06/2016 au 11/09/2016), exposition évènement dont le catalogue éponyme est entièrement conçu par Michel Houellebecq. « Rester vivant », titre de son premier recueil de poèmes, est une reconstitution de l'univers mental de l'écrivain. 120 photographies de Michel Houellebecq seront reproduites ainsi que des oeuvres d'artistes invités comme Robert Combas, Renaud Marchand... Seront reproduits des extraits de La Carte et le Territoire, d'Approches du désarroi (essai théorique, réflexion sur le monde contemporain, l'art, l'écriture, le travail, la conversation, la politique...), de La Possibilité d'une île et des poèmes extraits des recueils La Poursuite du bonheur et Le Sens du combat.

Speedy Graphito, un art de vivre

de Bernard Utudjian, François Julien, Speedy Graphito

Éditions Somogy, 2016
28,00 €

Olivier Rizzo alias Speedy Graphito expose depuis plus de trente ans son regard amusé et ironique sur le monde. Des murs peints aux expositions, ses oeuvres reflètent la mémoire de notre époque. L'histoire de l'art, le consumérisme, les nouvelles technologies... autant de sujets que de formes de représentation hauts en couleurs. Multipliant les styles et les médiums, il témoigne sans retenue, par sa créativité décapante, d'une liberté d'expression inspirée et joyeuse.

Ses œuvres, véritable journal de bord de son existence, résument son parcours de vie, son inlassable quête à représenter son aventure intérieure dans un monde en perpétuelle mutation.

Apollinaire - Lettres, calligrammes, manuscrits

de Peter Read

Éditions Textuel, 2016
58,00 €

Depuis ses premiers vers de collégien jusqu'aux œuvres novatrices du poète-combattant, voici une plongée fascinante dans la fabrique de Guillaume Apollinaire. Ses manuscrits raturés et biffés sont ici présentés en grande partie pour la première fois dans leur matérialité grâce aux archives de la Bibliothèque nationale de France. Cahiers de jeunesse rehaussés de croquis, calligrammes, lettres à Lou et à Madeleine, papiers collés mêlant typographie et écriture, offrent une vision panoramique d'une œuvre-monde et d'une révolution esthétique en marche.

Poète, conteur, critique, dramaturge, scénariste, journaliste, épistolier, chantre de l'avant-garde, promoteur des arts premiers, sourcier artistique : Apollinaire a pratiqué tous les genres littéraires et forgé de nouvelles formes d'expression à l'aube d'un siècle nouveau. Cet ensemble, sélectionné, transcrit, introduit et commenté par Peter Read, célèbre les noces de l'audace poétique et de la beauté plastique.

Paris Prévert

de Danièle Gasiglia-Laster

Éditions Gallimard, 2016
42,00 €

L'oeuvre de Jacques Prévert (1900-1977) est intimement liée à la ville de Paris. Dès son plus jeune âge, le poète parcourt les rues du 6e arrondissement et joue dans le jardin du Luxembourg jusqu'à ce que ferment les grilles. Il accompagne son père dans les coulisses des théâtres, fréquente les cafés de Montparnasse et de Saint-Germain-des-Prés. Mais ses errances dans Paris font aussi naître en lui une révolte et un engagement sincère contre la misère.

Le chemin de Prévert croise celui des plus grands artistes du XXe siècle : Pablo Picasso, Alberto Giacometti, Robert Desnos, André Breton ou encore Robert Doisneau. Paris nourrit son imaginaire pour devenir l'un des personnages principaux de son oeuvre, dans ses écrits, ses collages ou ses travaux de scénariste. Poète engagé, artiste facétieux, ce Parisien nous guide, au fil de sa vie, dans la Ville lumière.

Charlotte - Avec des gouaches de Charlotte Salomon

de David Foenkinos, Charlotte Salomon (Illustrations)

Éditions Gallimard, 2015
32,00 €

Le roman de David Foenkinos retrace la vie de Charlotte Salomon, artiste peintre morte à vingt-six ans à Auschwitz. Après une enfance à Berlin, Charlotte est exclue par les nazis de toutes les sphères de la société allemande. Elle vit une passion amoureuse fondatrice, avant de devoir tout quitter pour se réfugier en France. Elle y entreprend la composition d'une ouvre picturale autobiographique d'une modernité fascinante.

Se sachant en danger, elle confie ses dessins à son médecin en lui disant : « C'est toute ma vie. » Ce roman a connu un succès considérable depuis sa publication en septembre 2014 et a obtenu deux prestigieux prix littéraires, le prix Renaudot et le prix Goncourt des lycéens. De nombreux lecteurs ont demandé à l'auteur de montrer les œuvres peintes de Charlotte, quelques-unes des centaines de gouaches qu'elle a laissées et dont l'ensemble, intitulé Vie ? ou Théâtre ? raconte son histoire.

Cette édition intégrale illustrée du roman est accompagnée de cinquante gouaches de Charlotte Salomon choisies par David Foenkinos, et d'une dizaine de photographies représentant Charlotte et ses proches.

Chez Brassens

de Jean-Claude Lamy, Philippe Lorin

Éditions du Rocher, 2015
24,00 €

Dans la mémoire populaire, le nom de Georges Brassens reste indélébile. Riches et pauvres, agriculteurs et ouvriers, vieux et jeunes, tous se retrouvaient dans les chansons de cet homme de coeur et de conviction. Mais connaît-on tous les lieux et les personnes qui se cachent derrière le chanteur à la célèbre moustache : de sa ville de Sète à l'impasse Florimont, avec Joha Heiman, alias "Püppchen", l'amour de sa vie, un parcours en chanson et en image.

Avec des titres inoubliables comme "Copains d'abord", "L'auvergnat", "mauvaise réputation", il reste indéniablement l'un des grands chanteurs poète du siècle.

Man Ray

d'Alain Sayag, Emmanuelle de L'Ecotais

Éditions Delpire, 2015
63,00 €

Man Ray s'est toujours défini comme un touche-à-tout, un dilettante, un paresseux, cultivant la désinvolture et récusant toute contrainte économique et sociale. En réalité, ce n'est qu'une posture qui vient masquer un véritable travail de photographe professionnel. Parce qu'il est un éminent technicien, un artisan de l'image, un adepte de la mise en scène, son oeuvre est le résultat d'une application minutieuse.

Surimpressions, inversions, solarisations, rayographies, ne sont pas, contrairement à ce que l'artiste veut nous faire croire, le fruit du hasard mais l'aboutissement d'expérimentations complexes qui ont marqué d'une empreinte toujours perceptible l'histoire de l'art du XXe siècle. Cet ouvrage, nourri de nombreux clichés et des textes de deux grands spécialistes de la photographie, Alain Sayag et Emmanuelle de l'Ecotais, propose une nouvelle lecture du travail du photographe : de ses portraits aux nus, de ses compositions aux rayographies, de la mode à la couleur, voici une belle invitation à redécouvrir un Man Ray à la fois artisan et visionnaire.

Serge Gainsbourg - Le génie sinon rien

de Christophe Marchand-Kiss, Laurent Balandras (Préfacier)

Éditions Textuel, 2015
35,00 €

Pousser l’artiste dans ses retranchements, en se méfiant de la mythologie, débusquer les enchevêtrements de la biographie, passionnante, et de l’œuvre, protéiforme : tel est le parti-pris de ce livre qui nous invite à revisiter une vie et un répertoire qui arpentent la langue comme un formidable terrain de jeux. Le tout mis en lumière par une iconographie exceptionnelle.

Roms - La quête infatigable du paradis

de Yves Leresche

Éditions Infolio, 2015
48,00 €

Pendant cinq ans Yves Leresche a vécu avec les Roms, chez eux comme ici, dans leurs maisons comme dans leurs abris de fortune. Il en ramène un témoignage fort sur leur vie telle qu’elle va, loin des clichés et préjugés, au plus près du quotidien et du concret. À ses images s’ajoutent des commentaires qui démontent les idées reçues sur la question rom.

Agit-tracts - Un siècle d'actions politiques & militaires

de Zvonimir Novak

Éditions L'échappée, 2015
35,00 €

Qui n'a jamais eu de tract entre les mains ? Difficile d'imaginer que ce modeste bout de papier, tout juste bon à être jeté, fut pendant longtemps une arme capable de provoquer des séismes politiques. Depuis qu'il existe sous la forme de libelle, de mazarinade ou de pamphlet, son pouvoir de nuisance n'est plus à démontrer. Si l'affiche couvre les murs, le tract occupe la rue où il circule facilement de main en main.

Grâce à son petit format et à son impact visuel, il devient à l'approche du XXe siècle un outil essentiel pour mener des actions politiques et militaires. Information, contre-information, désinformation, guerre psychologique, propagande électorale et manifeste, la bataille du tract se joue sur tous les fronts. Pourtant, le rôle de cette "littérature de rue" reste encore largement sous-estimé voire méconnu.

À travers l'étude de centaines de documents, souvent inédits, Agit-tracts nous fait découvrir autrement un siècle de batailles idéologiques. De l'affaire Dreyfus à Mai 68, en passant par la Grande Guerre, le Front populaire, la Seconde Guerre mondiale, la guerre d'Indochine ou encore celle d'Algérie, le tract est un moyen de diffuser des vérités souvent crues et affranchies de toute censure. S'il comble jusque dans les années 1970 les vides d'une information sous contrôle, il abreuve aussi d'illustrations une société dans laquelle les images sont rares.

Or, à l'instar de l'affiche, le tract constitue un important support de création graphique. Pour appâter, convaincre ou informer, les mots ne suffisent pas, il faut aussi des idées et de bons visuels. Toutes les techniques sont mobilisées pour amadouer l'homme de la rue : bandes dessinées, caricatures, photomontages, illustrations à la plume, au fusain ou à la gouache, rien n'est trop bien pour l'intox, rien n'est trop beau pour triompher.

Benjamin-Constant - Merveilles et mirages de l'orientalisme

de Nathalie Bondil

Éditions Hazan, 2014
52,00 €

Benjamin-Constant (1845-1902), acteur majeur de la peinture orientaliste sous la IIIe République en France, est ici étudié pour la première fois. Le souvenir de ses voyages en Espagne et au Maroc marque son style de vie : son atelier ostentatoire est rempli d'objets hispano-mauresques. Dans la lignée d'un Delacroix qu'il admire, ce brillant coloriste se rapproche de l'orientalisme d'Henri Regnault, Mariano Fortuny, Georges Clairin et Jean-Paul Laurens notamment, peintres dont les oeuvres sont ici mises en relation.

S'emparant des stéréotypes d'un Orient colonial en suspens, Benjamin-Constant associe des odalisques nonchalantes à des Maures farouches dans le cadre de compositions gigantesques, précisément architecturées. Sa peinture d'histoire, d'inspiration byzantine ou biblique, complète sa veine orientaliste. Ses tableaux saisissants mettent en valeur des qualités chromatiques qu'il exprime avec une palette scintillante.

Benjamin-Constant s'affiche comme l'un des grands peintres de décors de son temps à l'Opéra-Comique de Paris, à la gare d'Orsay, à l'Hôtel de Ville de Paris et au Capitole de Toulouse... Il développe l'art du portrait mondain auprès d'une clientèle de riches commanditaires. Ses activités comme portraitiste la reine Victoria et professeur à l'Académie Julian où il a de nombreux élèves étrangers, lui procurent une gloire internationale, notamment en Angleterre, aux Etats-Unis et au Canada.

Superbement illustrée, cette première monographie sur Benjamin-Constant réunit une équipe internationale d'experts chevronnés qui examinent, à la lumière de recherches inédites, la biographie d'un artiste célèbre et méconnu dans son atelier et au Salon, depuis l'Académie des beaux-arts jusqu'aux cercles de collectionneurs étrangers. Surtout, les mirages et les mensonges d'un Orient phantasmé sont étudiés à la lumière des recherches d'historiens contemporains et revisités par le regard d'artistes féministes d'aujourd'hui.

Vintage fashion - La mode féminine des années 1920 aux années 1980

de Nicky Albrechtsen

Éditions Citadelles & Mazenod, 2014
92,00 €

Bien plus qu'une simple histoire de la mode, Vintage Fashion entend montrer de quelle manière les idées du passé continuent d'inspirer celles du présent, obéissant à un cycle ininterrompu de résurgences. Plus de mille créations exemplaires, depuis le soutien-gorge légendaire de Marilyn Monroe jusqu'à la robe d'Ossie Clarke immortalisée par le peintre David Hockney, sont mises en regard de citations empruntées aux grandes figures de la mode rétro, ainsi que de photographies de vêtements d'hier portés par les icônes du style d'aujourd'hui.

Chaque décennie est étudiée sous le prisme des matières et des formes qui l'ont définie, depuis le chic androgyne des garçonnes des années 1920 jusqu'aux carrures affirmées des années 1980. Les éléments qui permettent d'accessoiriser une tenue en y apportant une touche vintage sont présentés : chapeaux, chaussures, foulards, lunettes... sans oublier la maroquinerie ! Les grands thèmes qui apparaissent en filigrane à travers l'histoire de la mode au XXe siècle font l'objet d'une approche transversale, confirmant que le style est intemporel.

Cette approche plurielle et exhaustive de soixante années de créations à la fois prêt-à-porter et haute couture est l'occasion pour les fashionistas de puiser leur inspiration dans les racines de la mode d'aujourd'hui.

Rimes - Rhymes

de Lou Reed et Bernard Comment

Éditions Photosynthèses, 2012
75,00 €

Rimes/Rhymes est un ouvrage bilingue de photographies français-anglais comportant environ 300 photos de Lou Reed et un texte de Bernard Comment, son éditeur et ami franco-suisse de Paris. Lou Reed nous y livre ses photographies comme un recueil de poésie : des « rimes visuelles », selon l'expression de Sergeï Eisenstein, y font alterner paysages, détails à fort agrandissement et portraits. Rien ne ressemble à ce qui est une fois capté par l'objectif, car la réalité est ainsi améliorée en vue d'un théâtre individuel. Tout est excitant à voir, à enregistrer, à améliorer. Je suis sûr que Dieu possédait un Leica... (Lou Reed)

Jean Patou - Une vie sur mesure

d'Emmanuelle Polle et Francis Hammond (photographe)

Éditions Flammarion, 2013
75,00 €

Dans les années vingt et trente, Jean Patou habille les femmes les plus élégantes. Il est le principal rival de Chanel. Leurs modes se confondent au point que l'on ne sache plus qui de Patou ou de Chanel est à l'origine du pyjama de jour, du maillot de bain ou de la petite robe noire. Décédé à l'âge de 49 ans en 1936, il ne disposera que de quinze années pour imprimer sa marque dans l'histoire de la couture.

C'est pourtant dans ce temps très court, qu'il amassera une fortune colossale, ouvrira des boutiques à Paris, Deauville, Biarritz et New York, et inventera quelques-uns des parfums les plus mythiques de la planète, tels Joy et Que sais-je ? Sa clientèle est cosmopolite, compte de nombreuses célébrités et beaucoup sont américaines comme Joséphine Baker, Louise Brooks ou l'aviatrice Ruth Eider. Pour la première fois, les héritiers de la famille Patou ont accepté d'ouvrir leurs archives privées.

L'auteur, Emmanuelle Poile, a passé deux années de travail passionnantes à ouvrir boîte après boîte, carton après carton et à choisir parmi des milliers de documents, inédits pour la plupart. Signées des grands noms de la photographie des années folles (baron Adolf de Meyer, Laure Albin Guillot ou les frères Seeberger), les photographies s'ajoutent aux croquis de mode, mais aussi aux tissus, aux pièces de mobilier Art déco, aux flacons de parfum et bien entendu aux vêtements d'époque.

Ainsi rassemblées, ces archives permettent de retracer l'univers de cet esthète adepte d'un certain minimalisme qu'était Jean Patou. Une redécouverte.

Marguerite Duras

de Laure Adler et Delphine Poplin

Éditions Flammarion, 2013
43,00 €

Marguerite Duras aimait s'entourer d'objets fétiches, d'amis fidèles, de paysages sans cesse retrouvés ou recomposés, de lieux et de doubles, élus et voulus par elle, et qui forment un véritable univers durassien. Rassemblés ici, des souvenirs, des photographies, des manuscrits facsimilés, des correspondances, choisis et sélectionnés à travers les différents chapitres de sa vie, rendent compte d'une Duras complexe et attachante, une guerrière, un peu sorcière, drôle et parfois déchirée, à la fois aimante et amante, une camarade engagée, souvent radicale, toujours en alerte, soumise à ses faiblesses mais maîtresse de ses choix, une femme hors normes revendiquant la normalité.

Laure Adler donne à voir, à partir de ces nombreux documents, les multiples facettes de celle qui a traversé l'histoire du siècle et marqué un tournant dans la littérature française.

MYTHIQ 27

Collectif

Éditions GOTHAM-LAB YSAM SUTY, 2013
32,00 €

27 écrivains écrivent 27 lignes sur 27 artistes morts à 27 ans mis en image par de grands artistes d'aujourd'hui dont les œuvres grandeur nature ont fait l'objet d'une exposition du 1er au 8 décembre 2013 à l'Espace Cardin à Paris. Mythiq 27 associe littérature, arts plastiques et légendes urbaines sur le thème du légendaire Club 27 (Amy Winehouse, Janis Joplin, Kurt Cobain, Jim Morrison, Brian Jones, Jean Michel Basquiat, Jimi Hendrix, ...disparus à l'âge de 27 ans). De grands écrivains et plasticiens d'aujourd'hui proposent des regards et des points de vue étonnants, décalés, parfois ironiques ou impertinents créés pour l'événement. Oliver Rohe, Claro, Alexis Jenni, et SP38 en tandem avec Arnaud Viviant (entre autres) sont de la partie !

Sade vivant

de Jean-Jacques Pauvert

Éditions le Tripode, 2013
42,00 €

Quelle était donc cette façon de penser ? Qui était vraiment Sade ? Voici les questions essentielles auxquelles cette monumentale biographie tente de répondre. Fruit de décennies de recherches et de réflexions, enrichie de nombreux documents, dont nombre d'inédits, Sade vivant libère l'écrivain et ses écrits des fantasmagories qu'ils ont bien souvent suscitées. Et suscitent encore. Jean-Jacques Pauvert a été le premier au monde à avoir publié officiellement Sade, sous son nom.

C'était en 1945. Depuis, celui qui allait devenir un des éditeurs les plus aventureux du XXe siècle n'a jamais cessé d'interroger cette oeuvre qui fait de Sade "l'un des cinq ou six génies universels de très grande dimension".

De l'Allemagne - De Friedrich à Beckmann

Sous la direction de Sébastien Allard et Danièle Cohn

Musée du Louvre éditions
48,00 €

L'ambition de cet ouvrage et de l'exposition (riche de plus de deux cents ouvres) qu'il accompagne, est d'abord de proposer une réflexion autour des grands thèmes qui structurent la pensée allemande de 1800 à 1939. Nous est ainsi offert, pour la première fois en France, un panorama de la création artistique allemande sur une durée relativement longue - plus d'un siècle. Les courants artistiques, du classicisme weimarien, des Nazaréens à Otto Dix, en passant par Hans von Marées, Adolf von Hildebrand ou Franz von Stuck, mais aussi du romantisme d'un Caspar David Friedrich à la "nouvelle objectivité", seront ainsi replacées dans le contexte intellectuel de leur création et confrontés aux écrits des grands penseurs au premier rang desquels Goethe.

Cette approche est importante pour le public français qui connaît peu l'art allemand. Elle permet de saisir comment l'art a joué un rôle déterminant dans le développement du concept allemand de "Kultur", à un moment historique capital où l'Allemagne cherche à construire son unité et son identité nationale. La notion de "Kultur", concept hérité de la philosophie des Lumières, est apparue comme la plus susceptible de constituer le terreau sur lequel inventer une tradition allemande moderne.

Si l'occupation napoléonienne a pu favoriser la prise de conscience de cette unité, fournissant l'arrière-plan politique aux premières expérimentations romantiques, la montée du nazisme, à l'autre bout du parcours chronologique, a mis en évidence la dimension tragique de ce concept, sans pour autant réussir à l'anéantir.

Le monde en partage - Itinéraires d'Albert Camus

de Catherine Camus

Éditions Gallimard, 2013
38,00 €

Organisé en trois grandes séquences — la Méditerranée, l'Europe et le Monde —, cet itinéraire illustré mêle géographie intime, littéraire et politique : voyages, lieux aimés, habités ou visités par l'écrivain, filiations ou amitiés artistiques et littéraires, enfin combats menés par Albert Camus auprès de ses contemporains opprimés.

Benjamin

Sous la direction de Patricia Lavelle

Éditions de l'Herne, 2013
42,00 €

Le présent volume, qui s’organise autour de l’interrogation sur les matériaux biographiques et historiques avec lesquels Walter Benjamin a façonné sa pensée, cherche à accomplir une reconstruction historique à laquelle viennent s’ajouter des lectures attentives aux formes de présentation qu’il a adoptées.

Cette enquête collective qui porte à la fois sur la grammaire historique et sur l’individualité de sa réinvention discursive, qui s’intéresse aussi bien aux sources de Benjamin qu’à son style, ne délaisse pas pour autant la fécondité théorique de l’oeuvre.

L’entrée en matière par les formes d’expression autobiographique qui permettent d’exploiter la tension entre ses dimensions philosophique et littéraire, est en cela stratégique : elle ouvre la voie à des réflexions très actuelles autour de la problématique de l’image, notamment sur son rôle dans le discours théorique, et sur l’ouverture de l’art à la théorie.

La progression qui part des traces de la vie vers l’étude des sources et des corrélations de l’oeuvre tend un arc qui cherche à se fermer pour décrire un cercle. Car l’entrée par le biographique nous renvoie sans cesse aux matériaux historiques avec lesquels Benjamin a façonné sa pensée dans un style inégalable.

Le voyage des mots — De l'Orient arabe et persan vers la langue française

d'Alain Rey et Lassaâd Métoui (calligraphe)

Éditions Trédaniel, 2013
33,00 €

Tel un cortège de Rois mages apportant à l'Europe les richesses de l'Orient, un trésor de mots arabes est venu enrichir les moyens verbaux qui nous permettent de nommer le monde. Du Ciel à la Terre, des sciences aux croyances, des substances naturelles aux étoffes et aux vêtements, de la guerre à la paix, maints domaines de notre expérience peuvent cacher ou dévoiler leur origine orientale, qu'elle soit savante, poétique ou familière. Les mots arabes en français sont souvent surprenants, inattendus, comme la houle de l'océan, le chiffre des calculs, l'élixir et l'ambre, et, dans la vie commerciale, le magasin ou la douane. Le confort n'est pas absent ; non seulement le divan et le sofa sont "arabes", mais aussi le matelas. Que les mots "babouche" et "fez" soient orientaux, on ne s'en étonne guère ; mais le "châle", le "gilet", la "jupe" ? Et la "coupole", le "masque" et la "mascarade" ? Le Voyage des Mots de l'Orient arabe, persan ou turc vers le français, souvent par l'Italie et l'Espagne, est évoqué ici précisément, mais aussi poétiquement et artistiquement. Car l'écriture arabe, avec ses "arabesques", est un lieu de beauté et de plaisir, en admirables calligraphies décoratives.

La photographie en 100 chefs-d'oeuvre

de Sylvie Aubenas et Marc Pagneux

BNF, 2012
42,00 €

Explorer la notion de chef-d’oeuvre appliquée à un médium aussi foisonnant et divers que la photographie, tel est le propos de cette exposition qui dévoile 100 photographies issues des collections de la BnF, choisies pour leur beauté, la perfection de leur tirage et leur provenance. Tous les genres sont représentés, portraits, paysages, nus, reportages, publicités ou photographies scientifiques... Les grands noms de la photographie des XIXe et XXe siècles parmi lesquels Eugène Atget, Félix Nadar, Diane Arbus, Henri Cartier-Bresson, Man Ray, Brassaï, André Kertesz ou Gilles Caron côtoient des anonymes et des photographies faites par des écrivains comme Zola ou Victor Segalen. Cet ouvrage regroupe toutes les photographies exposées, assorties de commentaires réalisés par des personnages aussi variés que les photographes, parmi lesquels des artistes, des acteurs du monde de la culture ou des écrivains, dont par exemple Anish Kapoor, Annette Messager, Roberto Alagna, David Lynch, Anne Pingeot ou encore Lorànt Deutsch.

Rencontres

de Jean-Marie Périer

Chêne, 2012
43,00 €

« Ma chance, c'est d'avoir toujours su que j'avais de la chance. En effet, avoir vingt-deux ans en 1962 faisait déjà de moi un privilégié, mais se retrouver par hasard là où il fallait et avec qui il fallait tenait du miracle. » Depuis les années 1950, Jean-Marie Perier a photographié les grands noms de la musique anglo-saxonne, qu'ils soient issues des courants jazz, rock, pop ou folk. À travers ce recueil photographique, rassemblant près de 200 clichés pour beaucoup inédits, Jean-Marie Périer nous livre tous ses souvenirs de tournée, de reportages pour le magazine « Salut les copains », de prise de vue pour les pochettes de disque ou d'instants volés qu'il a passés avec les plus grands artistes - tels que Miles Davis, Dizzy Gilepsie, Chuck Berry, Marianne Faithfull, les Beatles mais aussi (et surtout) les Rolling Stones -, croquant avec humour le portrait souvent méconnu ou inattendu de ces icônes internationales.

Wolinski - 52 ans de dessins

de Martine Mauvieux

Hoëbeke, 2012
32,50 €

Georges Wolinski est un des dessinateurs français les plus publiés, avec une centaine d'albums dans des domaines aussi variés que le dessin d'humour, la politique, la bande dessinée, des livres de textes aussi, comme ses pensées ou des recueils sur des thèmes divers. Mais aucun ouvrage synthétique ne rassemblait jusqu'ici l'essentiel d'une oeuvre abondante et variée: dessins de jeunesse inédits, dessins de presse, illustrations, scénarios, affiches publicitaires et culturelles, carnets de croquis, oeuvres classiques et plus personnelles.

Jarry en ymages

Collège de Pataphysique

Gallimard, 2011
43,00 €

Alfred Jarry a partie liée avec les images, et même avec les ymages puisqu'il fonda la revue L'Ymagier avec Remy de Gourmont. Les trois cents illustrations ici commentées montrent ses œuvres personnelles : peintures, bois gravés, lithographies, dessins, compositions typographiques, manuscrits, correspondance, ainsi que de nombreux documents relatifs à ses livres, à son personnage, à sa vie, au monde littéraire et artistique qui fut le sien et que lui-même fit basculer du symbolisme fin-de-siècle à l'« esprit nouveau ».

Ces documents sont présentés selon un plan polyédrique, par thèmes : trente-neuf petits essais visuels sur Ubu et le Décervelage, sur l'Alcohol et la Phynance, sur les Marionnettes et les Têtes de Turc, etc. L'article Pataphysique est absent parce que, bien entendu, la pataphysique est partout.

Certains de ces documents sont inédits : ainsi la Mère Ubu, marionnette créée par Bonnard pour le théâtre des Pantins, ou ce fragment manuscrit qui remonte aux origines d'Ubu et montre comment opéraient les potaches du lycée de Rennes  ; ou inconnus, comme ce dessin de Charly qui enchanta Jarry, « Vous faites là un joli trio tous les deux ! ».

Autant que possible, les œuvres de Jarry ont été reproduites en couleurs et dans leur mise en page réelle lorsqu'elles apparaissent dans ses livres. De même les œuvres des peintres qui peuplent ses écrits : Gauguin, Rousseau, Filiger, Bonnard, Toulouse-Lautrec, ou les images d'Épinal, ou les multiples documents. L'ouvrage a été réalisé à partir des archives du Collège de Pataphysique et de recherches ou de prise de vues effectuées spécialement.

La France noire

de Pascal Blanchard

La Découverte, 2011
64,00 €

Ce livre événement, un beau livre relié à forte dimension esthétique et graphique, se veut une référence au carrefour de la culture, de l’histoire et des mémoires croisées à travers plus de sept cents documents, la plupart inédits, issus de plus de cent cinquante fonds d’archives.

À l’image de Black Britain (2007) de Paul Gilroy, de Paris Noir (Hazan, 2001) ou de Black Paris (2007), ce livre sera un événement éditorial sans précédent, une référence unique sur trois siècles de présence des Noirs en France, issus de toutes les communautés et des quatre coins du monde, pour trois siècles d’histoire commune.

Les Années Weimar une culture décapitée

de John Willett

Thames & Hudson, 2011
26,00 €

Époque charnière marquée par une effervescence intellectuelle, culturelle et sociale inédite, les années Weimar, du nom de la première République allemande fondée en 1919, engendrèrent une culture nouvelle née des racines mêmes du mouvement moderne. Des films de Pabst et de Fritz Lang aux créations théâtrales de Brecht et Kurt Weil en passant par l’enseignement du Bauhaus, le ballet triadique d’Oskar Schlemmer ou les photomontages de John Heartfield, les nombreuses créations politiquement engagées qui virent le jour au cours de ces années Weimar se heurtèrent sans cesse, avec la plus grande violence, à l’hostilité féroce des conservateurs, jusqu’au coup brutal et fatal que fut en 1933 l’accession au pouvoir d’Hitler.

Les nombreux dessins, collages, photographies, peintures, livres et photogrammes de films sont ici donnés à voir d’une manière éminemment originale : reprenant les principes dynamiques d’un montage cinématographique, l’agencement des illustrations traduit parfaitement la vivacité de cet extraordinaire bouillon de culture que fut l’Allemagne de 1918 à 1933. Textes et images dressent ainsi le portrait original d’une époque parmi les plus riches de l’histoire de l’art du XXe siècle.

Mon dico illustré

de Siné

Hoëbeke, 2011
28,00 €

Voici réuni un choix non exhaustif des idées et des points de vue exprimés par Siné dans Charlie Hebdo sous le titre « Siné sème sa zone » de 1993 jusqu’en 2008, date de son éviction pour « propos incorrects » à l’encontre de Jean Sarkozy, et dans Siné Hebdo depuis. Siné a organisé ses textes pour constituer un dictionnaire iconoclaste qui, de A comme Abstention à Z comme Zidane, regroupe les protestations écrites et graphiques d’un maître de la satire. Utopiste, anarchiste de l’espèce la plus virulente, Siné exècre le fanatisme, la guerre, les curés, les flics, le sport, les corridas, les collants, le Coca-Cola… La liste est longue, aussi longue qu’il y a de motifs à se révolter, c’est peu dire. Pour autant, ce dico illustré livre aussi ses témoignages sensibles et émouvants sur des amis proches, Leonor Fini, Jean Genet, Jacques Prévert, et des musiciens de jazz, Ray Charles, Billie Holiday, Lester Young, et confirme une véritable tendresse pour les chats. Bien entendu il soutient également sans condition la gaudriole, le vin, la cigarette, et tout ce qui est défendu par tous les messies, prophètes, gourous et autres imposteurs. Largement de quoi composer un dictionnaire. Le témoignage d’un artiste « contre », jamais « en phase » et encore moins « de connivence » avec le pouvoir quel qu’il soit, d’un sage à sa façon, fidèle à son envie de cogner au nom d’une certaine idée de la justice et de l’humanité et de garder envers et contre tout l’espoir chevillé au corps.

La Jetée - Ciné-roman

de Chris Marker

Éditions de L'éclat, 2008
38,00 €

« Ceci est l’histoire d’un homme marqué par une image d’enfance. La scène qui le troubla par sa violence, et dont il ne devait comprendre que beaucoup plus tard la signification, eut lieu sur la grande jetée d’Orly, quelques années avant le début de la Troisième Guerre mondiale. ... Rien ne distingue les souvenirs des autres moments : ce n’est que plus tard qu’ils se font reconnaître, à leurs cicatrices. Ce visage qui devait être la seule image du temps de paix à traverser le temps de guerre, il se demanda longtemps s’il l’avait vraiment vu, ou s’il avait créé ce moment de douceur pour étayer le moment de folie qui allait venir... »

Ainsi commence le ciné-roman de Chris Marker, apparu sur quelques écrans noir et blanc en 1962 (puis couronné du Prix Jean Vigo en 1963), et qui marqua durablement les rétines innocentes de quelques yeux ouverts, au point de devenir, 45 ans plus tard, un livre de papier et d’encre.

Chris Marker est cinéaste et il aime les chats et la vodka au piment (mais surtout les chats...). On raconte que dans d’autres vies (ou la même) il a été d’autres choses comme éditeur, écrivain, résistant...

La version imprimée de La Jetée est, à mon avis, d’une étonnante beauté. Elle apporte une pleine fraîcheur à la version film et témoigne d’une maniére nouvelle d’utiliser les photos dans leur relation avec des évéments dramatiques. Ce n’est pas un livre de cinéma, mais un livre à part entiére, le véritable photo-roman qui était annoncé dans le générique. Chris Marker

Ce film étrange et poétique, parfaite fusion de science-fiction, de fable psychologique et de photo-montage, crée à sa maniére une série d’images bizarres des paysages intérieurs du Temps… En inventant ses propres conventions à partir d’une cicatrice, il réussit triomphalement, là où la science-fiction faillit immanquablement. J. G. Ballard

Mythologies - Edition illustrée

de Roland Barthes

Seuil, 2010
44,00 €

« Le propre des Mythologies, c'est de prendre systématiquement en bloc une sorte de monstre que j'ai appelé la "petite-bourgeoisie" (quitte à en faire un mythe) et de taper inlassablement sur ce bloc ». Roland Barthes

Ce texte, agrémenté d'environ 120 illustrations, donne à voir l'univers de Barthes, le texte caché en quelque sorte, pour un résultat surprenant, fort et parfois drôle.

Femmes photographes - Emancipation et performance (1850-1940)

de Federica Muzzarelli

Hazan, 2009

Les femmes et la photographie : deux univers contrariés et maintenus en marge de l’empirée artistique du XIXe siècle !

Cet ouvrage raconte comment ces deux univers ont fait alliance, dans une symbiose incroyablement fertile. Les femmes ont alors fait preuve d’une capacité à affronter instinctivement, dans des conditions historiques données, certains refoulements culturels et sociaux caractéristiques du monde occidentalisé. A commencer par ceux du corps et du geste. Ainsi, à la même période où débutait le lent processus d’acceptation du corporel dans la sphère culturelle occidentale, de façon curieusement analogue, les femmes artistes s’en faisaient courageusement les interprètes – bien qu’au prix de nombreuses difficultés – car elles-mêmes avaient subi depuis des siècles le même phénomène de « relégation » des activités intellectuelles et artistiques. Cette poétique commune de récupération de la corporéité et de l’action, que certaines artistes parvinrent à interpréter de façon originale, anticipait le climat de recherche de la performance et de l’identité des années 1970, Douze artistes différentes, étudiées dans cet ouvrage, témoignent de cet engagement et de cette réalisation par la photographie : Alice Austen, Gertrude Arndt, Virginia Oldoini (Comtesse de Castiglione), Hannah Cullwick, Anne Brigman, Claude Cahun, Julia Margaret Cameron, Clementina Hawarden, Hannah Höch, Tina Modotti, Leni Riefenstahl et Madame Yevonde. Certaines ont été des artistes d’une façon assez ab-norme, et l’étiquette leur est appliquée de façon très élastique. D’autres, en revanche, ont pratiqué simultanément d’autres moyens d’expression. Mais, pour toutes, la photographie a été une occasion d’exhibitionnisme narcissique, de voyeurisme fétichiste, de travestissement identitaire, de recherche et de témoignage de leur propre identité sexuelle, de fragmentation et de reconstruction imaginaire du réel, de praxis et d’exaltation de la politique et de l’idéologie. En d’autres termes, la photographie a été vécue par elles comme possibilité de récits du corps et de l’action. Les raisons de cette relation dangereuse (femmes-photographie-corps-action) sont celles d’une véritable affinité élective, au point que la photographie, pour de nombreuses femmes, en Amérique singulièrement, a représenté dès la fin du XIXe siècle le territoire de leur émancipation sociale et économique.

Des Maisons sur le sable

de Nitza Metzger-Szmuk

Editions de l'Eclat, 2004

Présentation du livre sur le site de l'éditeur

Topor, dessins paniques

de Fabienne Keller, Robert Grossmann et Fabrice Hergott

Hazan, 2004
35,00 €

Artiste complet, dessinateur, écrivain, créateur du groupe « Panique », collaborateur de la revue Hara-Kiri, décorateur, metteur en scène de théâtre et de cinéma, réalisateur de télévision avec la légendaire série d'émissions « Téléchat » ou « Merci Bernard », Roland Topor (1938-1997) est l'un des esprits les plus aigus de la fin du XXe siècle. Première exposition en France, cette publication privilégiera son oeuvre dessinée, qui constitue l'un des aspects les plus aboutis de cette oeuvre polymorphe. Par leur froide et tranquille cruauté, ils évoquent l'esprit d'un Kubin ou du dernier Goya.

70' La Photographie américaine

de Anne Biroleau

BNF, 2008
53,00 €

En 1971, la Bibliothèque nationale présenta une exposition consacrée à de jeunes Américains alors peu connus.

Loin du pictorialisme, à distance du pur document, ces photographes ne rompaient pourtant pas avec la riche tradition qu’incarnaient Walker Evans, Harry Callahan ou Aaron Siskind.

Le portrait (Diane Arbus), le paysage (Paul Caponigro, Lewis Baltz), les expérimentations photographiques (Duane Michals ou Les Krims) font écho aux scènes de rue de Garry Winogrand, William Klein, aux héros marginaux de Larry Clark, à l’humour décalé de Bill Owens. L’ensemble offre la part belle à l’onirisme et au fantasme. Cette nouvelle exposition et son catalogue mettent en évidence l’audace et la vigueur des formes. Elle entend montrer la confondante liberté qui, à cette époque, balaya les stéréotypes et exerce encore son emprise sur la conception postmoderne de la photographie.

Cet ouvrage est publié à l’occasion de l’exposition « Seventies. Le choc de la photographie américaine », organisée par la Bibliothèque nationale de France et présentée sur le site Richelieu, dans la Galerie de photographie, du 29 octobre 2008 au 25 janvier 2009.

Femmes artistes - Artistes femmes

de Catherine Gonnard et Élisabeth Lebovici

Hazan, 2007
49,00 €

Le Vingtième siècle est celui où les femmes prennent leur place dans l'histoire de l'art. C'est à Paris que cette histoire commence. Paris, surtout durant la première moitié du siècle, est, en effet pour ces femmes artistes (qu’elles soient nées en France ou viennent du Nord de l’Europe, de Russie ou d’Amérique) un carrefour : un terre d'exil pour les unes, l'occasion d'un nouveau départ pour les autres. C'est ainsi à Paris que se cristallise la notion de « femme artiste », dans le champ de la peinture et de la sculpture, qui s'élargit bientôt à la photographie, puis à l'installation, la vidéo, la performance, etc. Siècle de lutte, d'émancipation, d'indépendance, de création, de revendication, le XXème siècle est ainsi, pour les femmes, un siècle d'art. S'il existe des ouvrages sur l'histoire des luttes politiques et sociales des femmes, il n'y a pas encore, en français, de livre qui soit spécifiquement consacré aux femmes artistes en France durant le XXème siècle.

Les histoires générales de l’art de ce siècle intègrent timidement les femmes et les ouvrages, souvent militants, qui traitent de l’art au féminin restent fixés à quelques personnalités remarquables. Le propos est à la fois chronologique et thématique. Il s’agit d’abord, et ce sera peut-être le plus grand étonnement pour les lecteurs, d'offrir un panorama complet des productions et des artistes, regroupant les plus connues (de Sonia Delaunay à Sophie Tauber, de Meret Oppenheim à Germaine Richier, d'Aurélie Nemours à Vieira da Silva, d'Annette Messager à Sophie Calle) et les oubliées, celles qui sont déjà « revenues » sur la scène artistique comme Claude Cahun, celles que cet ouvrage permettra de connaître comme Marlow Moss. Chaque chapitre ou partie permettra également de faire apparaître et travailler certaines polémiques (la notion de réseau, la place de l’art dans les pratiques d’émancipation, la modernité, la photographie comme montage, le travail sur le genre et l’identité, etc.). Ces problématiques, bien sûr, n'intéressent pas seulement l'histoire des femmes, mais l'esthétique en général. Il est fascinant de considérer, par exemple, comment les femmes se situent dans cette polarité complexe de la « modernité » et du « classicisme », avec les enjeux politiques qu'elle recoupe. Ou comment l'émergence de « nouveaux genres » d'images est portée par les femmes. Un important appareil de biographies, de citations et d’interviews réalisés par les auteurs, vient compléter cet ouvrage à mi-chemin du document historique de l’histoire culturelle et de l’histoire de l'art.

Daumier et la caricature

de Ségolène Le Men

Citadelles, 2008
75,00 €

« Ce gaillard-là a du Michel-Ange sous la peau ! » se serait exclamé Balzac à propos de Daumier. Peintre reconnu tardivement et sculpteur admiré de Rodin, Daumier (1808-1879) fut avant tout un lithographe hors pair qui éleva la caricature au rang d’art.

Grand reporter qui traite de la vie politique et des

faits de société à partir du quotidien, sa vie a peu d’histoire : Parisien d’adoption, il l’a passée à dessiner, il l’a vécue au rythme de la presse satirique, jusqu’à encourir une peine de prison pour sa caricature Gargantua. C’est dans son œuvre qu’il faut la chercher, là qu’il se raconte avec discrétion, au détour d’images inattendues ou à travers ses cibles, depuis Adolphe Thiers, son continuel adversaire, jusqu’à Victor Hugo qu’il admire. C’est de là qu’il a défendu ses convictions républicaines, mené avec véhémence par le crayon le combat de la dérision, défendu la liberté d’expression. Observateur de ses contemporains, il a scruté les physionomies, déchiffré les expressions, interrogé les postures modernes, il s’est fait le témoin de nouvelles civilités, a restitué les sensations corporelles, que ce soit celles de l’éternuement, de l’éblouissement, de l’ivresse ou du vertige… C’est de là enfin qu’il a fait sourire et rire, jusqu’aux larmes, ses lecteurs, explorant toutes les facettes du comique, et que, l’actualité passée, il reste toujours drôle et vrai. En recourant à la caricature, un art qui existait depuis la Renaissance, Daumier reste l’inventeur d’un métier, celui de dessinateur de presse au moment où cette dernière, dans la France du XIXe siècle devient un véritable « quatrième pouvoir ». Publié à l’occasion du bicentenaire de sa naissance, ce livre aborde tous les aspects de la carrière et du travail de ce journaliste du crayon dont se réclament aujourd’hui Plantu, Wolinski et bien d’autres caricaturistes.

Chronique d'un monde disparu

de Boris Martin - Hélène Lorrain

Seuil, 2008
45,00 €

C’est une histoire du monde d’avant. Avant les avions, le tourisme de masse, les guerres qui allaient déchirer la planète, avant la mondialisation, le choc des civilisations… C’était la Belle Époque, bercée par la croyance dans le Progrès et la paix retrouvée, fêtée par les Expositions universelles, rythmée par les découvertes qui inventeraient un monde nouveau, portée par un internationalisme qui repoussait les frontières. En ce temps-là, les hommes croyaient encore à leurs rêves.

Un beau jour d’avril 1905, Waldemar Abegg embarque dans un port d’Allemagne. À 33 ans, ce fils de bonne famille étouffe entre les limites confortables de son milieu et de l’empire de Prusse. Il a soif de découvrir le monde qui s’ébat au-delà. Bardé d’appareils photographiques, il part à la rencontre de cette Amérique où les gratte-ciel de New York et les « cow-boys » du Far West forment l’avant-garde d’un pays-continent en marche. Après le Nouveau Monde et une escale aux Îles Hawaï, il parcourt l’Extrême-Orient, du Japon au Sri Lanka. De ce périple d’un an et demi, il rapportera des photographies, d’un temps où les artistes colorisaient les clichés noirs et blanc pour redonner au monde ses vraies couleurs. Homme du XIXe siècle, à la charnière du XXe siècle, Waldemar est tout à la fois un vestige et un éclaireur. Par son témoignage, il pointe du doigt les évolutions qui vont se faire jour. Par ses photographies, il illumine ce que l’historien Eric J. Hobsbawm appelle cette « zone crépusculaire entre l’histoire et la mémoire ». C’est là toute la force de ce « récit par l’image » que nous offre à plus d’un siècle de distance ce jeune fonctionnaire allemand, ignorant qu'il photographie déjà « Le monde d’hier » quelques années avant qu'il ne disparaisse.

Boris Martin Né en 1873 dans une famille de la bourgeoisie berlinoise, Waldemar Abegg attrapa très jeune le virus du voyage et de la photographie. Au retour de son tour du monde, en 1906, il fondera une famille et deviendra conseiller du gouvernement. Il verra l'avènement du nazisme avec horreur, renonçant même à sa nationalité allemande après la guerre. Il voyagera jusqu'à la fin de sa vie et s'éteindra à Hambourg, à l'âge de 88 ans. Boris Martin, après avoir suivi des études de droit, s’est engagé parallèlement dans la recherche universitaire, l’écriture et l’action humanitaire. Il est rédacteur en chef de la revue Humanitaire, et l’auteur de plusieurs ouvrages, dont C’est de Chine que je t’écris…, paru au Seuil en 2004.

Allemagne, les années noires

de Bertrand Lorquin, Annette Vogel et Hans Wilderotter

Gallimard 2007
39,00 €

Après la défaite de l'Allemagne en 1918, il est manifeste que le nihilisme propre à l'immédiat après-guerre va trouver une expression sans équivalent dans ce pays. Pourtant, l'expérience de l'horreur de la guerre fut la même pour les deux nations. Est-ce la défaite engendrant une terrible instabilité politique et économique qui fit la différence ? Ce sont bien les événements qui donnèrent naissance en Allemagne au courant figuratif désigné sous le nom de Nouvelle Objectivité.

Cet art encore mal connu aujourd'hui à Paris reste toujours à découvrir. C'est l'objet de l'exposition Allemagne, les années noires présentée au musée Maillol. Rapellons pour l'anecdote que le comte Harry Kessler qui fut à la fois mécène de Maillol et son mentor en Allemagne s'intéressa avec la même passion aux courants avant-gardistes de son pays. Il sauva ainsi d'une mort certaine le peintre George Grosz sur le point d'être appelé une seconde fois sous les drapeaux en 1917 alors que sa santé mentale arrivait à son point de rupture. C'est aussi à la mémoire de ce grand Allemand que s'adresse cette exposition. Dina Vierny

Royal de Luxe 1993-2001

Collectif

Actes Sud, 2001