On entend aujourd'hui par fanatisme une folie religieuse, sombre et cruelle. C'est une maladie de l'esprit qui se gagne comme la petite vérole. Les livres la communiquent beaucoup moins que les assemblées et les discours. On s'échauffe rarement en lisant : car alors on peut avoir le sens rassis. Mais quand un homme ardent et d'une imagination forte parle à des imaginations faibles, ses yeux sont en feu, et ce feu se communique ; ses tons, ses gestes, ébranlent tous les nerfs des auditeurs. Il crie : « Dieu vous regarde, sacrifiez ce qui n'est qu'humain ; combattez les combats du Seigneur » et on va combattre. Le fanatisme est à la superstition ce que le transport est à la fièvre, ce que la rage est à la colère. [...]
Voltaire extrait du Dictionnaire philosophique, 1764
Quand la Terre suffoque de par l’exploitation de ses dernières ressources, l’humanité se tourne vers un nouveau territoire, l’espace, au-delà des planètes du système solaire : « La Frontière ». Dans cette nouvelle ruée vers l'or, trois destinées s'entremêlent : Ji-soo, scientifique passionnée par l’inconnu ; Camina, mercenaire fougueuse et enjouée ; et Alex, un mineur qui n'a jamais connu la Terre. Ce récit d’aventure narre le parcours tumultueux de ce trio, mais aussi de leur quotidien, celui de vivre dans un nouveau monde. Il pose la question d’une nouvelle humanité complètement déconnectée de son berceau, la Terre, pour se tourner uniquement vers les étoiles.
Pour Ados / Adultes
Dans la région du Minas Gerais, l’opulent patriarche Oswaldo Wallace dirige ses mines avec autorité. Ses deux fils, Severino et Ramires, n'ont qu’un an d’écart, mais tout les oppose : le premier, engagé à gauche, deviendra journaliste puis écrivain, tandis que le second soutient les militaires qui vont exercer un pouvoir autoritaire pendant les « années de plomb » - « chumbo », en portugais.
S'inspirant de son histoire familiale, Matthias Lehmann réalise avec ce roman graphique une grande saga, où personnages et destins se croisent et se recroisent. À travers ses pages aux compositions inventives, qui empruntent à la caricature comme à la publicité ou au graphisme brésilien, l’auteur mêle aux histoires intimes la grande Histoire d’un pays fascinant.
À la suite d’un examen de routine, Martin Henry apprend qu’il ne lui reste que 3 mois à vivre. Sous le choc, ce cruciverbiste de profession, au quotidien un peu morne, redécouvre derrière son bureau une affiche de baleine. Un rêve sans cesse repoussé d’aller voir au Canada ces majestueux cétacés.
Sans parler de son état, Martin parvient à convaincre sa femme de prendre des congés inopinés et les voilà partis à l’aéroport. Là, leur route va percuter, pour la première fois, celle de Séraphin Lanterne, assureur de son état, qui va sérieusement pimenter leur voyage. De fait, rien ne va se passer comme prévu.
Quiproquos improbables, timing impeccable, clins d’œil aux maîtres de la comédie visuelle, d’Hergé à Tati… La probabilité que l’on passe un bon moment est très élevée !
2030. Paris. Sous l'influence de Games of thrones, les vrais de la street se mettent à parler vieux françois, pour éviter une énième récupération de leur langage par les « bourgeois de m*rde ». Bien sûr, ceux-ci, après s'être approprié la poésie des grands ensembles, vont succomber à cette mode à leur tour.
2050. Les insomnies n'existent plus. Les zumains planifient leurs «nap's» grâce à une appli, au fil de la journée. Plus personne ne manque de sommeil. Le monde entier est de bonne humeur et devient de gauche.
L’Oracle pourrait être l'autre nom de Xavier Bouyssou. Chevauchant son imagination désinhibée, il prophétise avec acuité aussi facilement qu’un fortune cookie vous donne votre horoscope. Élevé dans les décombres de la France macroniste, ayant appris à lire en jouant aux jeux vidéos, l’auteur du remarqué Toonzie (éd. 2024, 2022) met ici son génie au service de ses contemporains pour les informer de la suite du « game ». Recueil de prophéties aussi drôles qu’effrayantes, ce Livre oracle vous donne les clefs du monde de demain - ou pas. La mode a eu Paco Rabanne, la course automobile a eu Raël, la bande dessinée a trouvé son prophète, et il s’appelle Xavier Bouyssou.
À première vue, tout va bien. Ingken est en couple avec Lily, qui est en harmonie avec elle-même et avec la vie qu'elle s'est choisie. Ingken, en revanche, doit mener un combat, surtout intérieur, pour assumer une identité librement déterminée. Sur fond de crise climatique mondiale, Ingken se cherche un nouveau prénom et tente de savoir ce qui, dans son existence, peut être conservé et ce qui doit disparaître.
Dans cette bande dessinée aux traits à la fois tendres et enflammés, le lecteur.rice plonge dans une expérience profondément intime - celle de ne pas se sentir chez soi dans son propre corps et de ne pas se reconnaître dans le regard des autres, mais aussi dans une expérience collective, en mettant en lien le mal être de Ingken avec l'angoisse qui découle de la crise écologique actuelle. Avec un dessin en noir et blanc souligné de rouge, comme un fil qui se déploie tout au long du livre, ce roman graphique nous donne à voir une diversité de corps, mais aussi diverses façons d’être relié·e·s les un·e·s aux autres, qu’il s’agisse d'amour ou d'amitié, différentes formes de proximité que ses planches nous font intimement ressentir.
Nino Bulling est né·e en 1986 à Berlin, où iel vit encore aujourd'hui. Depuis ses études à la Kunsthochschule de Halle, iel écrit et dessine ses propres bandes dessinées, et exerce occasionnellement en tant qu’enseignant·e. Ses livres sont notamment parus chez Edition Moderne, avant-verlag, Rotopol et Spector Books. En 2022, son travail a été présenté à la quinzième édition de la documenta de Kassel.
Seul dans sa chambre, tapotant sur un poste radio amateur, un homme envoie des messages au monde entier "CQ - Seek You", je te cherche. La solitude est une épidémie silencieuse qui s’insinue partout, des grandes métropoles aux plus petits villages, et dont personne ne parle.
Dans ce fascinant documentaire en bande dessinée, Kristen Radtke explore la solitude nord-américaine. Creusant dans nos vies, intérieures et publiques, elle s’efforce de comprendre ce qui nous fait nous sentir proches les uns des autres, et ce qui nous éloigne. Abordant des questions de société, de genre, de violence, de technologie, d’art et de science, l’autrice récolte des témoignagnes et se lance dans un voyage dans l’histoire de la solitude et de la relation aux autres. En chemin, elle partage des émotions que chacun·e ressent parfois, tout en redoutant d’en parler.
De l’invention des rires artificiels dans les sitcoms à la naissance d’Instagram, des cowboys solitaires aux expériences brutales de Harry Harlow sur les singes, Kristen Radtke enquête sur notre besoin d'entrer en relation les uns avec les autres, et sur les risques que représente l’absence de liens affectifs. Avec ses dessins chargés d’émotions et son écriture pleine d'empathie, ce livre jette une lumière crue sur notre vulnérabilité d’êtres humains et les fragiles liens qui nous unissent.
Kristen Radtke est l’une des étoiles montantes du roman graphique américain. Récipiendaire de nombreux prix et bourses, elle est entre autres publiée dans The New York Times, Harper’s, The Guardian, Marie Claire, The Atlantic, Vogue et Vanity Fair. Elle signe ici son deuxième livre.
L'Arabe du futur, une jeunesse au Moyen-Orient (1978-2011) est une série de bande dessinée en six tomes, écrite et dessinée par Riad Sattouf.
Vendue à plus de 3 millions d'exemplaires et traduite en 23 langues, elle raconte l'enfance et l'adolescence de l'auteur, fils aîné d'une mère française et d'un père syrien. L'histoire nous mène de la Libye du colonel Kadhafi à la Syrie d'Hafez Al-Assad en passant par la Bretagne, de Rennes au cap Fréhel.
Ce sixième tome couvre les années 1994-2011. C'est le dernier tome de la série.
« Animan sera un album de bande dessinée relatant la vie de Francis, alias Animan, en histoires courtes et humoristiques qui se suivent. Le principe est inspiré de la série télévisée Manimal des années 1980, où un homme se transforme en animal pour résoudre des enquêtes.
Les histoires ne raconteront pas seulement des enquêtes mais aussi la vie d’Animan, sa rencontre et ses combats avec son ennemi juré, Objecto. Le livre sera ponctué de peintures, comme dans certains de mes albums précédents. »
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Depuis septembre 2017, Philosophie Magazine publie chaque mois deux pages de Catherine Meurisse.
Cent pages de dialogues, de citations et de mises en scènes burlesques qui sondent et ébranlent les règles et les codes de la pensée philosophique universelle et l'image du corps.
Socrate, Montaigne, Voltaire, Rousseau, Simone de Beauvoir, Barthes, Tocqueville, Simone Weil, Cioran, Deleuze, ... Ils sont tous là.
Pour appréhender ces philosophes, Catherine propose de suivre les échanges incongrus entre certains d'entre eux et une jeune femme moderne, bien décidée à les déstabiliser, mais aussi des tableaux plus classiques de sujets incontournables.
La légèreté et le rire seront la clé pour réussir l'exercice.
Lutte pour les droits des étudiants, défense des sans-papiers et des homosexuels, le grand retour d'Aya est engagé !
À Yopougon, les problèmes vont bon train ! Aya tente de concilier un stage à la Solibra et sa relation compliquée avec Didier... mais surtout, elle s'engage dans la lutte pour les droits des étudiants de l'université de Cocody ! De son côté, Albert, rejeté par sa famille, galère pour se loger. Et ce n'est rien comparé à Bintou, devenue la star détestée de la série « Gâteuse de foyer » ! Quant à Inno, exilé en France et sans-papiers, il n'est pas au bout de ses peines car "Paris est dur comme caillou". Mais tous comptent prendre en main leur destin, quitte à mener une petite révolution !
Pour les générations qui n’ont pas été confrontées à la conscription, ce livre nous apparaît indispensable afin de comprendre la problématique du statut d’objecteur de conscience.
Le manque de reconnaissance de l’objection de conscience est un problème dont souffrent de nombreux jeunes hommes - et femmes - dans d’autres pays. Ils sont contraints d’effectuer un service armé qu’ils ne souhaitent pas au risque d’être poursuivis par la justice. Il est important que l’on prenne ici conscience de ce droit fondamental allemand qui, dans le cas de l’oncle de Hannah, a été bafoué et reste encore aujourd’hui trop peu accordé.
En France, les générations nées dans les années 60-70, qui s’opposaient au service militaire obligatoire, payaient parfois très cher de leur vie. Certains n’hésitaient pas à se risquer dans de fausses tentatives de suicide dans des conditions souvent désastreuses, à simuler de «vrais» troubles psychatriques, à se mettre en danger pour se faire exempter absolument...
Suite à la conjoncture internationale un peu plus apaisée, La France, comme de nombreux autres pays, a décidé de professionnaliser son armée et de suspendre ainsi le service national obligatoire en 1996.
Aujourd’hui, avec les attentats et les conflits qui ne cessent de s’amplifier, la suspension du service militaire est de nouveau remise en cause par certains politiciens.
Avec la guerre en Ukraine et les tensions avec la Russie de Poutine, l’Allemagne prend conscience qu’il est temps pour elle de changer le statut de son armée. Il ne serait pas étonnant qu’elle adopte de nouveau la conscription obligatoire...
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Hannah Brinkmann, née en 1990, est bédéiste et illustratrice allemande basée à Hambourg. Ses courtes bandes dessinées sont parues, entre autres, dans « International Environmental Law Cases », une publication de l’UFU-Institut Berlin, « Alphabet of Arrival », une publication du Bundesinstitut für politische Bildung, le TAZ et le Strapazin. « Gegen mein Gewissen » (contre ma conscience) est son premier roman graphique réalisé à l’âge de 28 ans.
Contre ma conscience a été nominé au comic book de la Berthold Leibinger Stiftung et au Prix PENG 2021 de Munich pour la meilleur BD allemande 2021
Une rencontre peut-elle bouleverser une vie ?
Denis Choupin, dessinateur reconnu de la série Opération Hitler, arrive à Angoulême pour le traditionnel Festival International de la Bande Dessinée. Entre séances de dédicaces, repas sur le pouce et vieux copains croisés en coup de vent, cette édition ne semble pas vraiment devoir sortir du lot jusqu'à ce qu'il fasse la connaissance de Vanessa, l'épouse d'un collectionneur de BD. Sur les quelques jours du festival, cette rencontre va bouleverser leurs deux vies, jusque-là sans histoire.
En 2008, Riad Sattouf réalise son premier film, Les Beaux Gosses. Il choisit comme premier rôle le jeune Vincent Lacoste, timide et complexé, qui n'avait jamais imaginé être acteur.
Le collégien de 14 ans se retrouve alors propulsé dans le monde secret, fascinant et parfois flippant du cinéma !
L'histoire vraie d'un adolescent anonyme devenu l'un des acteurs les plus talentueux de sa génération.
Après les séries L'Arabe du Futur, publiée depuis 2014 (2,5 millions d'exemplaires) et Les Cahiers d'Esther, publiée depuis 2016 (950 000 exemplaires), Le Jeune Acteur est le nouveau livre de Riad Sattouf.
Le Droit du sol. Journal d'un vertige
En juin 2019, Étienne Davodeau entreprend, à pied et sac au dos, un périple de 800 km, entre la grotte de Pech Merle et Bure. Des peintures rupestres, trésors de l’humanité encore protégés aux déchets nucléaires enfouis dans le sous-sol, malheur annoncé pour les espèces vivantes. Étienne Davodeau, sapiens parmi les sapiens, interroge notre rapport au sol. Marcheur-observateur, il lance l'alerte d’un vertige collectif imminent et invite à un voyage dans le temps et dans l'espace.
De quelle planète les générations futures hériteront-elles ? Qu’allons-nous laisser à celles et ceux qui naîtront après nous ? Comment les alerter de ce terrible et réel danger pour leur survie ? Il est de notre responsabilité collective d’avancer sur les questions énergétiques pour protéger la « peau du monde ».
Dans cette marche à travers la France, il est parfois accompagné d'amis, de sa compagne, mais aussi de spécialistes, qu’il convoque sur ces sentiers pour qu’ils nous racontent l’histoire unique du sol de notre planète, ou encore celle du nucléaire et de ses déchets, dangereux pendant plusieurs centaines de milliers d'années.
À la marge du témoignage et du journalisme augmenté, le Droit du sol marque le grand retour d'Étienne Davodeau à la bande dessinée de reportage.
Kirt Dorell est un homme d’affaires cynique et sans illusions, mais toujours habité par la fièvre du deal. Sa passion d’enfance pour le Monopoly ne l’a jamais quitté : « Ce besoin de gagner, d’en avoir plus, de voir qu’il ne reste presque plus de billets dans la banque… » Alors, c’est business à fond la caisse, à n'importe quel prix, y compris avec des E.T. aux emportements dangereux. Parce qu’il est malin, Kirt sait que le lucre, comme l'adultère, est un vice mortel qui peut mener un homme à la perdition, à la folie et à la mort… En ce qui concerne la folie, il y a des professionnels pour ça, mais quand le psy devient accro aux confessions de son patient, la dépendance menace tout l’édifice. Il reste, histoire de tromper l'ennui, le repli sur les paradis terrestres dont la fortune est le sésame, avec quelques clones de soi et une compagne de synthèse programmée pour n’aimer que vous. Encore faudrait-il que le psy ne prenne pas trop ses aises dans le petit Éden où Kirt a préparé sa retraite…
Les plus inhumains ne sont pas toujours ceux que l’on croit.
Loctudy, septembre 1963, la station balnéaire se vide de ses derniers résidents estivaux. Seuls Albert, Francis et Edouard, futurs étudiants prolongent leurs vacances en attendant de commencer chacun de brillantes études supérieures devant les mener vers de prestigieuses destinées toutes tracées. Détachés de l’autorité familiale, ces fils de bonne famille comptent bien profiter de cette liberté pour vider quelques bouteilles et vivre de nouvelles expériences. Mais dans ces familles bourgeoises et patriarcales, on ne fréquente pas n’importe qui, on ne déshonore pas sa famille et on rentre dans le rang quelles que soient les méthodes employées...
La grand-mère de Clémence souffre de la maladie d'Alzheimer. Face à son désespoir, elle prend la décision de l'enlever de la maison de retraite et de prendre la route en quête de l'hypothétique maison d'enfance de sa mamie. Une fuite, une quête, un égarement, l'occasion de se retrouver ? À moins que ce ne soit plutôt des adieux...
Prix France Culture BD des étudiants 2021
Été 1940 : la France est occupée. Certains pourtant refusent la fatalité : à Paris, au cœur du musée de l'Homme, quelques ethnologues se réunissent, bientôt rejoints par des gens de tous horizons — avocats, religieuses ou garagistes. Autour de Boris Vildé, d'Anatole Lewitsky, d'Yvonne Oddon, ces visionnaires posent les bases de la lutte qui mènera à la Libération : évasions de prisonniers, passages vers l'Angleterre ou la zone libre, et publication d’un journal clandestin, Résistance. Mais ces insoumis de la première heure seront bientôt trahis, dénoncés à la Gestapo et, pour beaucoup d'entre eux, exécutés.
Avec Des Vivants, Raphaël Meltz et Louise Moaty proposent un scénario d'une grande richesse et d’une profonde intégrité : aucun dialogue n’a été inventé, les paroles prononcées par les personnages sont les leurs. Au terme d’une vaste plongée dans d’innombrables documents d’époque — mémoires, lettres, témoignages, entretiens, journaux… — ils composent ce récit en s'effaçant derrière la sincérité et la force de ces voix disparues. Simon Roussin, grâce à une mise en scène subtile et un dessin d'une grande maîtrise, redonne vie à ces fragments d'Histoire, déployant avec justesse tout leur souffle romanesque. Ensemble, ils composent une fresque puissante, rigoureuse et émouvante.
Surgi très tôt, trop vite détruit, le réseau du musée de l'Homme est peu à peu sorti de la mémoire collective. Cet album hors normes, à la fois enquête historique, roman de guerre et épopée grandiose, rend ainsi hommage à des hommes et des femmes emportés un jour par cette injonction formidable : résister. Une folle audace autant qu’une évidence ; l'unique moyen, au-delà de tout, de rester vivants.
Harlem. 1933. Une femme noire, tirée à quatre épingles, est relâchée de prison. Son nom : Stéphanie St Clair. Signes particuliers : un accent français à couper au couteau et un don pour les chiffres. Née dans la misère à la Martinique, la célèbre Queenie est à la tête de la loterie clandestine de Harlem. Avec l'aide d'une poignée de complices loyaux, elle a patiemment bâti un véritable empire criminel qui règne sur Harlem tout en protégeant ses habitants des exactions des policiers.
Chicago, 1959. Charlie Rizzo, qui vient de perdre sa mère, doit emménager avec son père aveugle. Pour le jeune garçon, l'histoire est limpide : Matt Rizzo a perdu la vue à la suite d'un accident de chasse, comme il le lui a toujours raconté. Mais le jour où un policier sonne à leur porte, Matt choisit de révéler à son fils la partie immergée de son passé, et la véritable raison de sa cécité : un vol à main armé qu'il a commis des années plus tôt, alors qu'il fréquentait la mafia de Chicago... Roman graphique en noir et blanc à la puissance expressive sans pareille, tiré de faits réels, L'Accident de chasse est une ode bouleversante à la rédemption et aux pouvoirs sans limites de la littérature.
Fauve d'or 2021 et prix Ouest France / Quai des Bulles 2020
Trois histoires, de solitude et d'urgence, une urgence qui saisit les protagonistes et que personne autour d'eux ne perçoit ou ne comprend. Et qui forment un beau récit choral et une délicate analyse des rapports humains.
Katherine Mansfield passe quelques mois de l’année 1915 seule à Menton, à écrire des récits et des lettres, et à parler presque exclusivement à son frère. Celui-ci vient de mourir et lui apparaît parfois dans les jardins abandonnés ou dans la cuisine de la petite maison qu’elle occupe.
Liam est astrophysicien. Après un brillant doctorat, il choisit les travaux les plus éclectiques et apparemment subalternes plutôt que de rester à l’université où il se sent humilié et ne trouve pas sa place. Lorqu’enfin se présente le poste qui lui donnerait l’occasion de reprendre son travail de chercheur, il va devoir choisir entre son rêve et la vie avec celle qu’il aime.
Marzia a 14 ans. Déjà trop vieille pour sortir indemne du procès où elle est accusée de fraude informatique. Marzia est un petit génie du Web, elle passe tout son temps sur son smartphone où elle évolue sous moult identités différentes, toutes évidemment fausses ; elle s’est construit un discours complexe, très évolué pour son jeune âge, qu’elle déroule sans jamais regarder quiconque dans les yeux. Personne n’écoute ni ne croit Marzia. Et Marzia ne s’en soucie guère.
Joann Sfar rend hommage de manière inédite à ce récit médiéval devenu mythique.
Dans un Moyen Âge mâtiné de fantasy, Renart, voyou malicieux et célèbre menteur, poursuit ses aventures. Alors qu'il ne croit en rien, c'est à lui de sauver le monde! Accompagné par Takka, jeune magicien raté, il doit trouver le moyen de réveiller Merlin, pétrifié, avant que la magie ne disparaisse! Mais en terre de Provence, il n'est pas facile de trouver un magicien digne de ce nom... Les dons d'un kabbaliste - qui se fait giffler tous les ans par un Chrétien pour acheter la paix - suffiront-ils à libérer Merlin ?
[Premier volume "La Chanson de Renart - T. 1 : Le Seigneur des entourloupes" de Joann Sfar paru en septembre 2020].
Alabama, 1920, Roscoe T Martin est fasciné par cette force plus vaste que tout qui se propage avec le nouveau siècle : l’électricité. Il s’y consacre, en fait son métier. Un travail auquel il doit pourtant renoncer lorsque Marie, sa femme, hérite de l’exploitation familiale. Année après année, la terre les trahit.
Pour éviter la faillite, Roscoe a soudain l’idée de détourner une ligne électrique de l’Alabama Power. L’escroquerie fonctionne à merveille, jusqu’au jour où son branchement sauvage coûte la vie à un employé de la compagnie…
La cellule d’un pénitencier, la décomposition d’un mariage, la terre impitoyable… Une fable humaniste en résonance avec les questions économiques et sociaux actuels.
Allemagne, 1957. Uli est un jeune homme de 19 ans, élève d'une prestigieuse école de danse moderne. Sa fougue contraste avec la mélancolie de l'Europe d'après-guerre. Il est passionné de comédies musicales mais cette passion est moquée par ses camarades qui jugent cette discipline trop commerciale.
Lors d'un voyage à Berlin, il rencontre Anthony, un jeune danseur afro-américain. Ce dernier suggère à Uli de venir tenter sa chance à Broadway…
Qui est Vernon Subutex ? Une légende urbaine. Un ange déchu. Un disparu qui ne cesse de ressurgir. Le détenteur d’un secret. Le dernier témoin d’un monde révolu. L’ultime visage de notre comédie inhumaine. Notre fantôme à tous.
Dès la parution du tome 1 en janvier 2015, les tribulations de Vernon Subutex, ex-disquaire devenu à la fois squatteur, clochard, DJ et quasigourou, sont un succès majeur de la littérature française tant en termes de réception critique.
Portée par une énergie graphique hors du commun, cette nouvelle version – réécrite à quatre mains et en bande dessinée – offre un nouveau regard sur le parcours de Vernon… et démontre, s’il en était besoin aujourd’hui, la puissance du collectif...
Camille a huit ans et elle est terrifiée par la nuit. Elle n’arrive pas à s’endormir de peur de faire des cauchemars. Ses parents doivent suivre un rituel complexe pour l’aider à trouver le sommeil.
Sa mère lui chante chaque soir une berceuse ou un conte en japonais qui lui créé des images dans la tête et agit contre les fantômes et ses insomnies. Sa mère, d’origine japonaise, lui apprend la langue de son pays. Mais c’est à travers les contes qu’elle lui lit le soir que Camille s’imprègne de cette culture et comprend confusément combien sa mère se sent déracinée… Dès lors, Camille devient obsédée par la peur que sa maman retourne au Japon pour ne plus jamais revenir.
Au cours de l'été 2015, Ali Fitzgerald commence un atelier hebdomadaire de bandes dessinées avec des réfugiés à Berlin, soutenu par Amnesty International. Dans cette "non-fiction graphique surréaliste" - c'est ainsi qu'elle définit sa bande dessinée - , l'autrice présente avec beaucoup de sensibilité les difficultés que rencontrent les réfugiés en Europe. En leur proposant de dessiner, elle leur offre un moyen d'exprimer, sans forcément parler, ce qu'ils ont vécu et ce qu'ils espèrent.
Tout en suivant leur parcours, elle raconte Berlin et établit avec beaucoup d'habilité un parallèle instructif entre ce drame actuel et celui des Juifs obligés de fuir les progroms des années 1920, puis persécutés plus tard par les nazis.
Depuis la mort soudaine de sa mère, la vie bien organisée de Noël vole en éclats. Il a rencontré cet homme étrange à la barbe blanche qui a dit qu’il ne pouvait plus rester seul. L’homme a dit aussi que Noël devait déménager, loin de Berlin, loin de chez lui. Mais lui, Noël, il veut rester ici, à Berlin, dans le vieil appartement qu’il a toujours connu. Mais Noël n’a pas le choix, il doit se plier à la volonté des autres… Il est envoyé dans un établissement de soins, où il y a d’autres personnes handicapées, comme lui… « Tu verras – a dit l’homme : ici c’est spécial, différent des autres centres, chacun a son appartement et doit apprendre à se gérer, tu y seras bien ».
C’est la première fois de sa vie que Noël vit seul. C’est aussi la première fois qu’il doit faire avec autant d’autres personnes. Pas facile quand on a été protégé par un amour maternel immense et inconditionnel.
A qui peut-il faire confiance ?
Qui peut-il aimer ?
Qui l’aime vraiment ?
Raconter René Goscinny en bande dessinée. Et lui donner la parole, au fond, pour la première fois. Tel est le projet de cet album exceptionnel. Un événement artistique. Et un livre de tendre amitié. Catel, célèbre dessinatrice, travaille depuis quatre ans, avec l'appui et l'amitié d'Anne Goscinny, à ce "Roman des Goscinny" - un roman graphique où tout est vrai. 320 pages magnifiques, en trichromie, où Catel nous raconte la vie de René Goscinny.
Sa naissance, dans le Paris des années 20, au coeur d'une famille juive, exilée de Pologne et d'Ukraine. Son père, chimiste, fils de rabbin. Sa mère, née en Ukraine, ayant fuit les progroms. Son grand-père, imprimeur de journaux yiddish. Son grand-frère moqueur, Claude. L'enfance en Argentine, bientôt. Et les passions de René : le dessin, le rire, puis l'écriture. Catel nous emmène dans un voyage familial marqué par l'histoire, entre l'Amérique et l'Europe.
Tandis que le jeune René cherche sa voie, lui le "paresseux contrarié", une partie de la famille meurt dans les camps d'extermination. René part à New York, frappe à toutes les portes, dessine et vit dans la pauvreté avec sa mère. A Bruxelles puis à Paris, il trouvera peu à peu sa vocation : non pas dessiner, mais écrire, scénario, sketchs, histoires. Goscinny crée, avec Uderzo, le personnage d'Astérix, qui devient très vite célèbre dans le monde entier ; mais aussi le Petit Nicolas avec Sempé.
Et il est le grand scénariste de Lucky Luke et de Iznogoud. C'est aux portes du "célèbre village gaulois" que s'arrête le premier tome du "Roman des Goscinny" : alternant avec force et tendresse des épisodes de la vie de "René" ; et ceux racontés par sa fille Anne à son amie - donnant une vérité, une drôlerie et une émotion à ce projet fondateur.
« Quand j’ai annoncé à ma grand-mère Maruja que j’avais l’intention de faire une bande dessinée inspirée de sa vie, elle m’a répondu que je ferais mieux d’écrire une histoire d’amour. Quand j’ai annoncé la même chose à ma grand-mère Herminia, elle a sauté de joie et m’a dit : “Mais oui, bien sûr, ma chérie.”
Alors, équipée d’un magnétophone, je suis allée voir ma grand-mère Maruja pour qu’elle m’explique, par exemple, ce qui se cachait derrière ces fleurs peintes sur un tableau et la raison de son obsession pour la cuisine.
Ensuite, j’ai rendu visite à ma grand-mère Herminia et j’ai découvert à quel point sa grand-mère Hermenegilda avait compté pour elle, et d’où lui venait cet air bohème.
Les femmes de leur génération, sur lesquelles nous ne veillons pas comme elles ont veillé sur nous, ont toujours été les personnages secondaires d’autres vies que les leurs : épouse de, mère de, ou grand-mère de. Comme Maruja, comme Herminia. Leurs anecdotes, leurs idées et leur monde sont présents dans ce livre qui leur rend hommage et s’attache à leur confier le premier rôle. »
Catherine Meurisse a grandi à la campagne, entourée de pierres, d'arbres, et avec un chantier sous les yeux : celui de la ferme que ses parents rénovent, afin d'y habiter en famille. Une grande et vieille maison qui se transforme, des arbres à planter, un jardin à imaginer, la nature à observer : ainsi naît le goût de la création et germent les prémices d'un futur métier : dessinatrice. Avec humour et tendresse, l'auteure raconte le paradis de l'enfance, que la nature, l'art et la littérature, ses alliés de toujours, peuvent aider à conserver autant qu'à dépasser. Les Grands Espaces raconte le lieu d'une enfance et l'imaginaire qui s'y déploie, en toute liberté.
La légende parle d'un âge d'or, où vallées et montagnes n'étaient entravées d'aucune muraille. Où les hommes allaient et venaient librement... Mais ce temps lointain est bien révolu.
Le royaume est accablé par la disette et les malversations des seigneurs de la cour. À la mort du vieux roi, sa fille Tilda s'apprête à monter sur le trône pour lui succéder. Avec le soutien du sage Tankred et du loyal Bertil, ses plus proches conseillers et amis, elle entend mener à bien les réformes nécessaires pour soulager son peuple des maux qui l'accablent. Mais un complot mené par son jeune frère la condamne brusquement à l'exil.
Guidée par des signes étranges, Tilda décide de reconquérir son royaume avec l'aide de ses deux compagnons. Commence alors un long périple, où leur destin sera lié à "L'âge d'or" ; bien plus qu'une légende, bien plus que l'histoire passée des hommes libres et de leur combat, c'est un livre oublié dont le pouvoir est si grand qu'il changera le monde.
Tout prédestinait Phoolan Devi à la trajectoire flamboyante qu’elle s’est choisie.
Née en 1963 au Nord de l’Inde et issue d’une très basse caste, elle est dès l’enfance confrontée à la pauvreté, à la violence et à l’injustice. Mariée de force à 11 ans, violée et séquestrée pendant des mois avant que ses parents ne la récupèrent, elle devient la paria de son village et doit son salut à un gang de bandits. À partir de ce moment, elle n’aura de cesse de lutter contre l’injustice et protéger les plus faibles.
Dans la plus belle ville du plus beau pays, princes et princesses d'Europe sont en quête d'émerveillement, de salut et de gloire. Les néons de Brecht Evens se fondent dans les illusions de ses héros. Ils sont dans la fleur de l'âge... et c'est une nuit d'été.
Amsterdam, 1784. Le jeune comte Thierry de Hasselt rêve de partir au Japon suivre l’apprentissage d’un grand maître Zen. Hélas, le pays a fermé ses frontières depuis des décennies. Pugnace, le jeune aristocrate embarque clandestinement, puis pénètre en territoire interdit, où il découvrira vite, à ses dépens, que la clémence n’est pas de mise… Aussitôt repéré par les soldats de l’Empereur, il est sauvé par un Samouraï au regard fou qui le défend à coups de sabre experts. C’est avec cet improbable duo que démarre une folle aventure aux confins du monde connu, à la recherche d’une inaccessible paix intérieure.
Près de 300 pages de bande dessinée pop et existentielles écrites ET DESSINEES par Jodorowsky pour un journal mexicain entre 1967 et 1973, alors qu'il réalisait ses premiers longs métrages. Le titre renvoie au mouvement Panique dont il fut l'un des fondateurs.
Il n’y a pas besoin de présenter Jodorowsky, cinéaste, écrivain, spécialiste du tarot, scénariste de bandes dessinées à succès (une centaine d’albums, pour la plupart aux Humanoïdes associés, dont L’Incal avec Moebius). La belle carrière du documentaire de Frank Pavich Jodorowsky’s Dune (2013) a bien montré à quel point l’auteur franco-chilien est devenu culte.
Mais peu de gens connaissaient l’existence des Fabulas Panicas, l’unique BD écrite ET DESSINÉE par le maître lui-même !
Complètement inédite et inconnue en France, cette série de petites fables, ou plus exactement de petites leçons philosophiques, constitue une sorte de journal intime. L’auteur y développe une philosophie syncrétique proche du bouddhisme zen, avec des accents kafkaïens et mystiques. Les Fables ont été publiées en feuilleton dans un journal mexicain (El Heraldo de México) entre 1967 et 1973, c’est-à-dire à l’époque où Jodorowsky réalisait ses premiers films, El Topo et La Montagne sacrée. Elle doit son titre au mouvement Panique (en référence au dieu Pan) dont il fut, en 1962, l’un des fondateurs, avec Arrabal, Sternberg et Topor.
Cette bande dessinée s’inscrit dans la mouvance des BD poético-philosophico-pop des années 60, dont l’histoire s’enrichit, avec ce livre, d’un jalon essentiel. La personnalité de l’auteur lui confère évidemment un intérêt tout particulier.
Jodorowsky a recommencé à dessiner depuis 2006, produisant des tableaux réalisés en binôme avec son épouse l’artiste Pascale Montandon-Jodorowsky, sous le nom de pascALEjandro. Ces œuvres ont été exposées au musée d’Art moderne de la ville de Paris (Resisting the present, 2012) et, au printemps 2017, dans la galerie parisienne Azzedine Alaïa. Le catalogue de cette dernière exposition a été publié en collaboration avec Actes Sud.
À partir de 14 ans.
Je me présente, Alexandrin de Vanneville, poète des campagnes et des villes. Par le vent et par la pluie, je survie en proposant ma poésie. Sachez cependant, madame, monsieur, que je ne pends pas les chèques et ne fais pas la carte bleue...
Recueillie à la mort de son père par sa tante Ada, Frances porte en elle bien des mystères et bien des questions. Enfant en quête de vérité, elle grandit en s'inventant des histoires qui l'aident à apprivoiser les béances de sa jeune existence, et tend aux adultes qui l'entourent un miroir qui leur permettra peut-être de se découvrir et de se reconnaître. Car dans ce livre, tous les personnages se débattent, chacun à sa manière, pour affirmer leur liberté et leur identité, secouant le joug des conventions sociales et familiales.
Toute l’épopée de la house music racontée en bande dessinée ! Et non seulement relatée en images mais enseignée : ce genre inclassable n’aura plus de secret pour vous. Vous saurez comment est né le maxi disco, vous pourrez répéter partout ce que le break doit au uprock, on ne vous la fera plus jamais avec le bass drum. Kool Herc mixait sans casque ? Bien sûr ! New Order serait le chaînon manquant entre la pop et la dance ? Évidemment ! Depuis les seventies’nuits musicales du Loft à New York avec le dj David Mancuso et le Gallery de Nicky Siano jusqu’au Palace à Paris en passant par tous les dance-floors, une véritable fresque musicale se déplie sous nos yeux, en vignettes, en chansons, au son d’une disco enfiévrée, à coups de synthétiseur et de rythmes érotico-endiablés. Personnages dégingandés de cette scène époustouflante, tous les grands acteurs à l’origine des musiques électroniques défilent comme autant de stars ou de héros oubliés, se déchaînent sur les pistes les plus pailletées, inventent un genre nouveau et une manière inédite de diffuser la musique ! Le rythme haletant des vignettes retrace à grandes enjambées les influences, les inspirations et les destinées sans que le dessin ne perde en précision. Le lecteur se faufile dans les clubs new-yorkais et s’invite comme par effraction au Palace.
Préface des Daft Punk.
Il fut le Ténébreux, - le Veuf, - l'Inconsolé, le Prince d'Aquitaine à la Tour abolie. Gérard de Nerval est l'un des plus grands poètes français. Sa vie reste néanmoins emplie de mystères... car derrière le grand Gérard dit de Nerval se cachait le discret Gérard né Labrunie...
Les premiers pas furent un fiasco, je n'arrêtais pas de m'embrouiller, cinq, dix, vingt fois, je dus reprendre le début de la partie.
Mais j'avais tout mon temps... Moi, l'esclave du néant...
1941. Dans les salons feutrés d'un paquebot en route pour l'Argentine, le champion du monde d'échecs affronte lors d'une ultime partie un aristocrate viennois, dont l'incroyable maîtrise du jeu est née dans l'antre de la tyrannie.
Cette dénonciation poignante et désespérée de la barbarie nazie est le dernier texte écrit par Stefan Zweig avant son suicide.
Louis a onze ans, une mère qui a peur de tout, un père qui pleure quand il boit et un petit frère obsédé par la soul américaine. Louis rêve de déclarer son amour à Billie, une compagne de classe indépendante et solitaire. Mais dans la réalité, rien à faire : dès qu’il s’approche d’elle, Louis se tétanise comme un clou rouillé. Accompagné de sa famille, de son fidèle ami Boris, et de ses spectres (ceux du passé comme ceux de son monde intérieur), Louis apprendra la vraie définition du courage. Jane, le renard et moi, la première collaboration entre les deux auteures, s'est vendu à plus de 20 000 exemplaires depuis sa publication au Québec en 2013.
Juliette quitte Paris pour passer quelques jours avec sa famille. Elle sera confrontée aux souvenirs de son enfance. Un vaudeville familial sous forme de roman graphique, par l'auteure du cycle incontournable des années 2000 Rosalie Blum.
Enfin le grand retour de Lucky Luke ! Dans La Terre Promise, Jul et Achdé ont assigné une mission rocambolesque à l'éternel justicier. Lucky Luke doit escorter toute une famille de juifs d'Europe de l'Est à peine débarqués du bateau à Saint Louis jusqu'aux confins de l'Ouest sauvage ! Jusqu'alors, l'homme qui tire plus vite que son ombre avait déjà côtoyé de sacrés originaux. Un prince russe dans Le Grand Duc, un aristocrate anglais dans Le Pied-Tendre, un psychanalyste viennois dans La Guérison des Dalton...
Mais lorsque son copain Jack-la-Poisse le supplie de s'occuper de ses parents (à qui il n'a pas osé avouer qu'il était cow-boy et qui le croient avocat à New-York), Lucky Luke n'écoute que son coeur. Avec un grand-père religieux obsédé du shabbat, une mamma décidée à gaver Lucky Luke de carpe farcie, une jeune fille prude qui cherche le mari idéal (avocat ou médecin, mais bon, cow-boy ça va aussi), et un gamin turbulent plus intéressé par le Far-West que par sa Bar Mitsvah, le voyage promet d'être long.
Desperados, joueurs de poker, attaques d'indiens féroces (la tribu des "Pieds Noirs" a mauvaise réputation), tout l'univers de Lucky Luke va être confronté à ce choc des cultures. Mais à la fin du voyage, c'est autant notre cow-boy solitaire que sa nouvelle famille d'adoption qui auront appris à surmonter les épreuves et les préjugés.
Lorsque Coddie, jeune villageoise à la laideur repoussante, est transformée en beauté parfaite grâce au sortilège d'une fée, elle projette très vite d'user de ses charmes pour grimper l'échelle sociale, voire accéder au titre de reine. Objet de toutes les convoitises masculines, elle déchaîne les passions et les guerres partout où on l'aperçoit, mais découvre peu à peu que son apparence enchanteresse se veut aussi une terrible malédiction...
Hubert et Kerascoët nous offrent une fable vénéneuse, un récit cruel où la beauté se paie par le sang et dont le graphisme mêle subtilement Art nouveau, symbolisme anglais et estampes japonaises. Ce conte en trois volumes, déjà réunis en 2014 dans une intégrale en bichromie, est aujourd'hui réédité en couleur.
Une oeuvre dramatique, à la fois sombre et délicate, qui ne manquera pas de fasciner les amateurs de féérie et de captiver tous les autres. Laissez-vous ensorceler par cette fresque somptueuse !
Pour traiter de la beauté et des malédictions qu'elle entraîne, les auteurs, Hubert et les Kerascoët, avaient une idée très précise de ce qu'ils souhaitaient rendre : un univers graphique aux confins de l'Art nouveau, des symbolistes anglais ou des estampes japonaises.
Dans ce conte de fées superbe et vénéneux, les pages de Beauté devaient fasciner tout comme l'héroïne ensorcelle les hommes. Cette splendeur graphique cache en son sein une étrangeté subtile et fait de cette histoire un récit qui enchantera les enfants et fascinera les parents.
L'intégrale des trois volumes, complétée d'un épilogue inédit en album, est présentée en bichromie, avec les couleurs que les auteurs ont utilisées pour réaliser leurs planches originales.
Cette édition est un tirage limité à 3000 exemplaires.
Lewis Trondheim et Brigitte Findakly forment en bande dessinée comme à la ville un duo depuis de nombreuses années. Si la bibliographie pléthorique de Lewis Trondheim n'a plus de secret pour personne, celle de Brigitte Findakly, son épouse et coloriste, quoique toute aussi importante, reste pourtant moins connue. De Pif Gadget, à ses débuts, au Chat du Rabbin, des Formidables aventures de Lapinot au Retour à la terre, on lui doit la mise en couleurs d'une centaine d'albums.
Avec ce livre à quatre mains, pré-publié en partie dans "Les strips de la matinale" du Monde, Lewis Trondheim délaisse pour la première fois les animaux anthropomorphisés pour raconter l'histoire de celle qui partage sa vie, née en Irak, d'un père irakien et d'une mère française à l'orée des années 1960. Coquelicots d'Irak retrace son enfance passée à Mossoul, ville du nord de l'Irak, à une époque où, bien avant l'arrivée au pouvoir de Saddam Hussein, se succèdent coups d'Etat et dictatures militaires.
Déroulant le fil de ses souvenirs, on découvre alors une vie de famille affectée par les aberrations de la dictature et leurs répercussions sur la vie quotidienne, jusqu'à un inéluctable exil vers la France au début des années 1970. Une arrivée en France elle aussi difficile, une expérience migratoire faite de difficultés administratives, sociales et culturelles. Dans ce récit qui prend pour toile de fond une triste actualité, Lewis Trondheim et Brigitte Findakly brossent en saynètes percutantes et sans ambages, mais pas moins sensibles pour autant, la trajectoire singulière de la coloriste qui, pour la première fois, occupe le premier rôle dans un livre.
Ponctué de photos et de parenthèses sur les coutumes, la culture irakienne et les souvenirs de l'Irak de Brigitte Findakly, on partage avec elle la nostalgie de ceux qui ont laissé derrière eux leur pays d'origine, et les liens fugaces qui subsistent, tout à l'image des coquelicots devenus si fragiles une fois déracinés.
Une compilation d'histoires ayant pour thématique les vacances à la mer : l'arrivée des premiers baigneurs le matin à marée basse, le départ des vacanciers, etc. qui rappelle furieusement et avec bonheur, Jacques Tati !
Ellen, née dans une famille juive de Baltimore en 1941, rêve de devenir chanteuse. Elle a une voix exceptionnelle mais cache une faille : elle est boulimique et grosse, trop pour espérer devenir une star. A 19 ans, elle devient Cass Elliot et tente sa chance à New York. C'est là qu'elle tombe amoureuse de Denny, le chanteur des Journeymen.
Comment faire du poireau le héro de l'apéro ? Quel mystère recèle la fabrication du cidre normand ? Où déguster un homard en toute simplicité ? Comment poussent les noix de cajou ? Peut-on sauver la quenelle des préjugés universels ? Comment préparer le vrai gratin dauphinois ? Quel est l'incroyable secret de la soupe miso des Japonais ? Et le Taboulé libanais ? À chaque obstacle, sa solution miracle. Nouvelles recettes, carnets de voyages et anecdotes gourmandes : Guillaume Long revient dans un réjouissant et savoureux troisième opus d'À boire et à manger.
Une série d'histoires donnant vie aux personnages des oeuvres du Musée d'Orsay ou racontant des scènes vécues par les artistes présentés.
1915, Corto Maltese traverse les étendues gelées du grand nord, entre Etats-Unis et Canada. Il est porteur d'un message que son ami Jack London adresse à un amour de jeunesse. En échange, l'écrivain promet à Corto une nouvelle aventure, et un mystérieux trésor ! Aventurier charmeur et ironique, Corto Maltese - amoureux de sa liberté et des femmes - traverse le monde, toujours en quête d'un trésor caché, d'un ami à sauver, ou d'une cause perdue à défendre.
Le grand retour du Chat du rabbin ! Le Chat est désespéré : sa maîtresse, Zlabya, est enceinte… Que va-t-il se passer ? S'intéressera-t-elle encore à lui ? Pourra-t-il encore être caressé, pourra-t-il la voir quand il le voudra ? Quelle sera sa place ? Ne devrait-il pas partir et chercher une autre maison ? Joann Sfar retrouve avec un bonheur évident l'univers du Chat du rabbin et livre une éblouissante histoire pleine de tendresse et d'amour.
De père syrien et de mère bretonne, l'auteur raconte son enfance entre la Libye et la Syrie, de 1978 à 1984. A Tripoli en 1978, le jeune garçon blond est imprégné des lectures du livre vert de M. Khadafi. Puis, c'est le départ pour la Syrie, dans un village près de Homs, où sévit la loi du plus fort. Grand prix RTL de la BD 2014, Fauve d'or du meilleur album 2015 (Festival d'Angoulême).
Un vent lourd, puant suie et cadavre, gronde sur la route et me glace. L'orage approche. Je ne cherche aucun abri, il n'en existe pas à ma taille. Je claudique au bord du chemin, ivre comme toujours, dans l'espoir que la distance entre nous se réduise, que nos peaux se touchent enfin. Sali, battu, hagard, je repousse le moment où, le souffle court et les pieds meurtris par de mauvaises chaussures, je devrai m'arrêter.
Dans ce septième tome de Pico Bogue, nous retrouvons l'enfant terrible de la bande dessinée dans ses petites et grandes aventures du quotidien. Les vacances sont finies, mais la vie continue et la rigolade aussi ! Pico, sa petite soeur Ana Ana et toute la famille retrouvent les petites et les grandes joies de la vie quotidienne : l'école, les repas, les interrogations existentielles. Et quand Pico découvre un livre sur l'étymologie et l'histoire des mots, un nouvel univers s'ouvre à lui. Et tout son entourage va en profiter... de gré ou de force ! L'enfant terrible de la bande dessinée récidive ! Toujours avide de connaissance, Pico a le don de nous charmer et de nous exaspérer en même temps ! Un septième tome à l'humour tendre sur les petites aventures du quotidien.
François Villon fait la rencontre de Colin de Cayeux, chef des Coquillards, brigands pervers et sanguinaires. Pour être initié, Villon doit réaliser trois chefs d'oeuvre : un vol scandaleux, un crime écoeurant et un présent abominable. Ainsi, il volera une femme qui enterre son enfant, égorgera une pauvre prostituée et, sur demande de Colin, il offrira sa femme… Bienvenue parmi les ignobles !
Octobre 2024. Entre le parti de la Légitimité Blanche et l'organisation terroriste de l'Hydre, une menace imprécise pèse sur le monde. Le journaliste Malcolm Lean, mandaté par les Etats-Unis d'Afrique enquête dans le Zurich dépeuplé d'un XXIe siècle aseptisé.
Élevée par les vieilles barbes du Jordan College à Oxford, la jeune Lyra ne pense qu'à faire les quatre cents coups avec son ami Roger, le garçon des cuisines, et rêve secrètement de suivre son oncle, le ténébreux Lord Asriel, vers les royaumes du Nord. L'aventure la rattrape plus tôt que prévu, alors que Roger disparaît, probablement enlevé par les mystérieux Enfourneurs.
Ce roman graphique de plus de 100 pages retrace la vie d’Albert Camus qui demeure, plus de 50 ans après sa mort, l’un des écrivains français les plus populaires et les plus étudiés. De sa naissance en Algérie, de son enfance dans un quartier populaire d’Alger, de sa carrière d’écrivain et ses multiples engagements littéraires et politiques, notamment en faveur des indépendantistes algériens et des anti-franquistes, jusqu’à l’obtention du prix Nobel en 1957 et son décès en 1960 sur une route de l’Yonne, cette magnique biographie permet de découvrir la face humaine de Camus, ses fragilités, ses doutes… à travers le regard de sa mère. Un roman graphique de référence écrit par un camusien renommé, José Lenzini, auteur des Derniers jours de la vie d’Albert Camus (Actes Sud) et de Camus et l’Algérie (Edisud), mis en image par Laurent Gnoni (Bye-bye Love avec Serge Le Tendre).
Stéphane Heuet poursuit son projet ambitieux d'adaptation de Proust en cette fin d'année, aussi régalez-vous de phylactères authentiquement issus du texte de Proust !
Le temps d'un été à Balbec ou d'un printemps florentin, l'évocation du simple nom d'une ville suffit au narrateur pour imaginer des voyages enchanteurs. Pays rêvés ou pays réels, Noms de pays : le nom fait aussi la part belle au Paris du XIXe siècle, cadre de son amour pour Gilberte et de sa fascination pour Odette, tout en constituant une invitation à la réflexion sur la puissance évocatrice des mots et des noms.
Les Pictes ? Oui, les Pictes ! Ces peuples de l'ancienne Ecosse, redoutables guerriers aux multiples clans, dont le nom, donné par les Romains, signifie littéralement « les hommes peints ». Astérix chez les Pictes, c'est donc, dans la meilleure tradition des aventures du plus célèbre des Gaulois, un voyage épique vers une contrée riche de traditions, et la découverte d'un peuple dont les différences culturelles se traduiront en gags et jeux de mots mémorables... Mais aussi du whisky, des lancers de troncs, des cornemuses, des noms en Mac, les origines du mur d'Hadrien et du monstre du Loch Ness dévoilées, et même, des Gaulois en kilts !...
L'entrevue est un récit de science-fiction qui n'explore pas les étoiles mais le délicat et fragile univers intérieur des relations, des sentiments et des affections de chacun de nous. Etudiant les thèmes qui lui sont chers, Manuele Fior nous offre un roman graphique sur le temps qui passe, sur la confrontation entre les générations, sur notre société en pleine mutation.
Très douée pour la danse, la petite Polina Oulinov est sélectionnée pour suivre les cours de Nikita Bojinski, un maître d’une exigence absolue, à la fois redouté et admiré.
Au fil de son enseignement, qu’elle suit des années durant, Polina devenue jeune fille développe avec son mentor une relation complexe, entre antagonisme et soumission – et finit par le quitter pour explorer de nouvelles expériences artistiques, en toute indépendance. Plus tard, devenue vedette internationale dans sa discipline, la jeune femme prendra toute la mesure de sa dette à l’égard de ce maître aussi difficile que lumineux.
Un jour, la bombe a fini par éclater. Et toute la Terre s'est brutalement retrouvée plongée dans un éternel hiver gelé, hostile à toute forme de vie. Toute ? Pas tout à fait. Miraculeusement, une toute petite portion d'humanité a trouvé refuge in extremis dans un train révolutionnaire, le Transperceneige, mu par une fantastique machine à mouvement perpétuel que les miraculés de la catastrophe ont vite surnommé Sainte Loco. Mais à bord du convoi, désormais dépositaire de l'ultime échantillon de l'espèce humaine sur cette planète morte, il a vite fallu apprendre à survivre. Et les hommes, comme de bien entendu, n'ont rien eu de plus pressé que d'y reproduire les bons vieux mécanismes de la stratification sociale, de l'oppression politique et du mensonge religieux...
Bande dessinée majeure des années 80 créée par Jean-Marc Rochette et Jacques Lob, reprise à la fin des années 90 pour deux volumes supplémentaires par Benjamin Legrand après le décès de son scénariste, la trilogie du Transperceneige reparait en un volume unique à l'occasion de son adaptation au cinéma par le plus célèbre des cinéastes coréens, Bong Joon-ho. La redécouverte de l'une des meilleures sagas de science-fiction qu'ait produite la bande dessinée française : trente ans après sa création, Le Transperceneige n'a rien perdu de sa puissance et de sa singulière modernité.
Dans ce troisième épisode de Pablo, Picasso fait vivre à Fernande un western à dos d'âne dans le village le plus reculé de Catalogne : Gosol. Là, il fricote avec des contrebandiers primitifs. Son art s'épure et il crée de nouveau ; les chefs-d'œuvre s'accumulent. Une nuit, le couple doit fuir une prétendue épidémie de typhoïde. Picasso serait-il paranoïaque ? Fernande en est persuadée. Mais de retour dans leur atelier parisien étrangement dévasté, elle commence à douter… Et si Dieu se jouait vraiment de Pablo ? Au Bateau-Lavoir, Picasso termine le portrait somptueux de Gertrude Stein. Le peintre est mûr pour rencontrer son principal rival : Henri Matisse. Tout oppose ces deux hommes, et Picasso, en cet automne 1906, n'a plus qu'une idée en tête : clouer le bec à ce Français ringard avec un tableau révolutionnaire... Le Bordel !
Guillaume Apollinaire est le 2e tome de Pablo, la série que Julie Birmant et Clément Oubrerie consacrent à Picasso alors qu’il n’était encore que… Pablo. Ce 2e album de Pablo commence avec un Picasso délaissé par Fernande, qui boude l’artiste sans le sou. Guillaume Apollinaire, jeune poète érudit, et Max Jacob vont aider le peintre à reconquérir le cœur de sa fiancée. Puissances occultes et stratagèmes de poètes fougueux finiront par ramener Fernande à Pablo, fou d’elle.
Pablo, c'est Picasso d'avant la célébrité. L'Expo universelle 1900 illumine Paris, et l'Espagnol qui n'a pas vingt ans va vite déchanter... La misère aurait pu être noire, elle reste bleue grâce à un poète bizarre, épris d'absolu - Max Jacob - et à une femme, modèle pour peintres au Bateau-Lavoir, Fernande Olivier...
Verloc Nim a atterri sur la planète désertique Ona(ji) avec son frère Conrad dans le but de récupérer la mystérieuse substance aâma. Là-bas, ils rejoignent un groupe de scientifiques abandonnés à leur sort. Conrad met sur pied une expédition pour retrouver le professeur qui a libéré la substance sur une autre partie de la planète. Au fur et à mesure de leur périple, ils vont de découvertes spectaculaires en rencontres inquiétantes…
Ralph Azham a réussi à rendre la mémoire à sa soeur Rose, et à quitter Astolia. Mais, tant que le fourbe Malek continuera à se faire passer pour le roi, lui, sa famille et ses amis seront toujours en danger. Pour évincer l'usurpateur, Ralph a un plan aussi simple que dangereux : il va s'allier avec le grand méchant Vom Syrus. Reste à trouver un bateau pour rejoindre son île lointaine...
"Je suis l'océan Pacifique et je suis le plus grand " : ainsi s'ouvre cette fantastique ballade, qui conduira Corto Maltese jusqu'à Escondida, l'île cachée où un mystérieux moine règne sur les pirates des mers du Sud. Récit d'initiation, chef-d'oeuvre de " la littérature dessinée " si chère à Hugo Pratt, La Ballade de la mer salée est avant tout une formidable BD d'aventure. Auteur, personnages et lecteurs y partagent le désir de naviguer au-delà des apparences et des lieux communs, la quête de l'aventure véritable, celle qui se fonde sur des expériences nouvelles, et aussi l'amitié et le respect pour les hommes que l'on rencontre sur sa route.
Paris, 1886. Tonin, jeune paysan du Cantal, monte à Paris pour être embauché comme forgeron sur le chantier fort contesté de la Tour Eiffel. Successivement, il découvre le vertige, le Paris de la Belle-Epoque, Monsieur Eiffel et la belle Camille dont il tombe vite amoureux ! Mais celle-ci n'est-elle qu'une jeune fille libre et l'intime des artistes de Montmartre ou une inquiétante militante des milieux anarchistes dont les bombes terrorisent Paris ? La police est sur les dents et Tonin va être mêlé, malgré lui, à un terrible complot dirigé par une mystérieuse organisation : la Pieuvre ! Car le mystère est bien là : comment, malgré l'hostilité de ses contemporains, son audace technique et esthétique, un chantier périlleux et les tentatives de destructions diverses, la Tour Eiffel a-t-elle atteint ses 300 mètres de haut 3 ans plus tard ?
Vous ne lirez pas ici la vraie vie de Chagall. C'est un fabuleux conte juif, dont le héros se nomme Marc Chagall. Il vit dans un shtetl de la Russie des Tsars, à l'aube du XXe siècle. Il est jeune et très amoureux. Mais il est peintre aussi, et le père de celle qu'il aime veut pour sa fille « un bon juif qui ait un bon métier ». Quitter son amour ou bien la peinture ? Même le Rabbi de Loubavitch ne sait pas. Alors, Chagall suit la vision étrange qu'il a eue dans un rêve : un palais magnifique dont il aurait peint le plafond. Construire un opéra dans son village et montrer au beau-père...
Pieterjan, un artiste en manque d’inspiration, accepte l’invitation de la première Biennale d’art de Beerpoele au beau milieu de la campagne flamande. Mais bien vite, il découvre qu’en fait de résidences d’artistes, il s’agit d’une grande kermesse improvisée par Kristof, le gentil organisateur aux mains de géant. Invité d’honneur d’un groupe d’amateurs farfelus, Pieterjan se prend à jouer le guide spirituel et artistique et profite de l’occasion pour convaincre tout ce petit monde de construire ensemble un grand oeuvre au coeur de la lande.
Brecht Evens confronte ici à l’art et à la nature, des personnages hésitants, maladroits ou bancals en quête de monumental. Il se pose la question d’une construction utopique.
Réclamé depuis un certain temps déjà ( à peine le vol. 4 paru à dire vrai ), voilà finalement un imposant volume regroupant les 4 épisodes de cette série atypique. Epopée intimiste, autobiographie déformée, science fiction décalée, Lupus a le mérite de n’entrer dans aucune case, de ne correspondre à aucune définition. Lancé deux ans après la publication de Pilules bleues, Lupus à tout d’abord désarçonné certains lecteurs ( avant d’en séduire bien d’autres ), puisque Frederik Peeters quittait les rivages de l’autobiographie pour se plonger dans quelque chose de diamétralement opposé, une série de science fiction. Sans mépriser les codes du genre, Frederik Peeters s’est amusé à jouer avec, voire à les transcender, pour à l’arrivée nous offrir une oeuvre très personnelle, dont les thèmes ( la figure du père, le rapport à l’autre, la résignation ) semblent traverser tous ses ouvrages. Pourchassé par les sbires du mystérieux père de Sanaa, jeune femme avec laquelle il cavale à travers l’univers, Lupus n’en finit plus de s’enfuir, mais cette fuite en avant va rapidement prendre la forme d’une quête intérieure dont il ne sortira pas indemne… Une oeuvre emblématique d’un auteur en perpétuel mouvement.
L'épidémie de grippe du pigeon bat son plein ! La moindre toux suspecte peut vous conduire au centre de quarantaine... Pris d'une mystérieuse crise d'éternuements, Ribouldingue décide de se soigner en se mettant au régime bio. Pour ses compères, le bio est l'attrape-bobo du moment, et mieux vaut être du bon côté du tiroir-caisse ! Marchands de quatre-saisons, restaurateurs, nos trois lascars profitent goulûment du vent de pandémie qui souffle sur la ville. Ils réussissent même à convertir à leur tambouille les fonctionnaires du tout nouveau ministère de l'Hygiène Physique et Mentale !
Guy Delisle et sa famille s'installent pour une année à Jérusalem. Mais pas évident de se repérer dans cette ville aux multiples visages, animée par les passions et les conflits depuis près de 4 000 ans. Au détour d'une ruelle, à la sortie d'un lieu saint, à la terrasse d'un café, le dessinateur laisse éclater des questions fondamentales et nous fait découvrir un Jérusalem comme on ne l'a jamais vu.
Quand un retour aux sources imprévu devient renaissance à soi-même.
Plus vraiment d'inspiration, plus d'envies et pas de projets, l'auteur de BD Simon Muchat végète doucement dans son boulot d'animateur scolaire, et exaspère Claire, sa compagne, qui le voudrait plus investi.
Invité à passer quelques jours au Portugal, dont sa famille est originaire et où il n'était plus allé depuis l'enfance, il va y découvrir une autre façon d'exister et d'être - et peut-être le début d'une nouvelle inspiration ?
Cyril Pedrosa nous livre un récit introspectif qui explore les plis et replis existentiels d'un quotidien sans histoire, devenu sans consistance et sans saveur. Le récit, aussi, d'une renaissance à soi, à travers la redécouverte d'un lieu d'enfance, noyé dans les brumes du souvenir.
Arthur Vlaminck, le conseiller du ministre des Affaires étrangères en charge du langage, doit préparer les nouveaux discours du ministre. La crise du Lousdem est au coeur des préoccupations : les Américains menacent de déclencher une guerre à laquelle s'opposerait le gouvernement français. Le ministre, Taillard de Worms, s'apprête justement à prendre la parole à ce sujet au siège de l'ONU, à New York. Mais toute cette agitation ne semble guère perturber un nouvel hôte du Quai d'Orsay : un chat qui s'est pris d'affection pour le directeur de cabinet !
Chez les Satrapi, lors des fêtes de famille, lorsque le ventre est bien rempli et les hommes à la sieste, les femmes se réunissent autour d'un samovar et pratiquent la "ventilation du coeur" : c'est à qui racontera l'histoire la plus croustillante... Des anecdotes vraies de femmes iraniennes.
Ils se nomment Naïma, Misa, Reynad, Hamid, Iraj...
Ils viennent de Roumanie, d’Angola, de Turquie, d’Uruguay… Pour des raisons économiques ou politiques, leurs parents ou eux-mêmes ont dû quitter leur pays pour la France. Ce livre recueille leurs témoignages, leur intégration à la France, qui passe très souvent par une phase de « racisme ordinaire ». Cet ouvrage n'a pas pour objectif d'être représentatif des différentes réalités vécues de l'immigration. Il s'agit de porter un regard sur quelques trajectoires singulières sous la forme d'entretiens mis en dessin et, grâce au travail de réflexion des historiens, d'interroger quelques thématiques liées à l'immigration...
"En 1975, j'avais 7 ans et j'aimais les Bazookas que ma mère nous achetait, à Walid et à moi, chez Spinney's." Tout commence au Pa5adis, dans ce mirage d'Occident, le Beyrouth des années 70. Les familles aisées emplissent leurs caddies des mêmes produits de rêve qu'à Paris et New York, tandis que les miliciens de tous bords bourrent les leurs de M16, d'Uzi et d'AK47. Lamia Ziadé est cette petite fille qui observe, subit, raconte l'avancée imparable d'un conflit qui va ravager la Babylone chatoyante qui l'a vue naître. Sous ses doigts, la guerre devient pop. Assemblage d'éclats joyeux et noirs, inventaire d'instants d'horreur et d'innocence, son roman graphique retrace l'histoire d'une ville, d'un peuple, d'un monde en proie à la folie destructrice. Un portrait lucide, grave et inédit, comme si les yeux de l'enfance avaient le pouvoir de voir plus loin que l'intelligence adulte.
Un pays où l'eau voyage à l'envers et les larmes tombent vers le ciel. Un jeune héros au cœur pur, une amoureuse qui se change en renard, un roi qui n'embrasse pas. Des légions de créatures fantastiques et un dieu cyclope dont on conteste le règne. L'art de la sourcellerie – la magie de l'eau –, des combats au serpent-épée, une quête mystérieuse et philosophique...
À Yopougon, comme à Paris, les histoires se dénouent, les vérités éclatent et chacun va devoir faire face à son destin. À commencer par Aya, qui a toujours un compte à régler avec son prof de biologie, le harceleur. Mais toutes les vérités sont-elles bonnes à dire et les histoires toutes réglées ?
Jean-Jacques Sempé est né à Bordeaux.
C'est en 1959, après sa rencontre avec René Goscinny, qu'il publie la série du Petit Nicolas. En 1962, Rien n'est simple, son premier livre de dessins humoristiques, paraît aux éditions Denoël. Depuis, 27 albums ont été édités. Aujourd'hui, Jean-Jacques Sempé, qui collabore régulièrement à Paris-Match, a réalisé plus de 70 couvertures pour le magazine américain The New Yorker. Il vit et travaille à Paris.
Un jour, un homme fait sa valise. Il quitte sa femme et sa fille, puis il s’en va. Il prend le train et embarque à bord d’un navire sur lequel il va traverser l’océan. Destination la terre promise, vers un pays inconnu. Cet homme est un émigrant. S’il laisse sa vie derrière lui, c’est parce qu’il espère en trouver une meilleure, ailleurs, loin de chez lui et loin des siens. Là-bas, dans ce pays nouveau et étrange où il doit réapprendre à vivre, il rencontrera d’autres gens, exilés comme lui, et comme lui perdus dans ce monde nouveau…
Là où vont nos pères est un album d’une profonde originalité. Consacré à un thème plus que jamais d’actualité - l’émigration -, l’auteur a pris le parti d’un récit onirique qui acquiert la force d’une histoire universelle et intemporelle. Cette BD muette – et donc lisible par tous, partout dans le monde – tient à la fois du récit fantastique, du conte initiatique et du livre d’Histoire. Dessiné dans des teintes sépias, comme si l’histoire oscillait entre rêve et réalité mais aussi entre passé et présent, cet album traite d’un thème universel sans jamais tomber dans le pathos grâce au pouvoir d’évocation du graphisme et à la magie envoûtante de ses images.
Intégrale (les prologues et les fantômes)
Voici l’intégrale des deux premiers tomes de Par les chemins noirs, de David B. son ambitieuse saga sur l’Europe de l’Entre-deux guerres, unanimement encensé par la presse.
Cette première histoire de plus de 120 pages, confirme les qualités de ce conteur d’exception. En matière de récit romanesque, David B. n’a rien à envier à son maître en la matière, Hugo Pratt.
Avec Par les chemins noirs, David B emmène le lecteur à travers l’Europe de l’entre-deux-guerres. Une Europe en pleine mutation, traversée par de multiples mouvements culturels et politiques. Une Europe qui pourtant chemine irrémédiablement de l’effervescence des possibles vers la certitude de l’apocalypse.
Connaissez-vous le buffle d'eau, au bout de la rue? Le scaphandrier près du passage souterrain? Savez-vous pourquoi les chiens aboient au milieu de la nuit?
Découvrez, à travers ces quinze nouvelles illustrées, le regard étrange et merveilleux de Shaun Tan sur l'absurdité du quotidien : comment des situations ou des évènements étranges sont vécus par les habitants d'une banlieue lointaine et banale, lorsque leur quotidien est confronté à l'extraordinaire. Un ouvrage d'une grande force poétique, magnifiquement illustré.
L'auteur de «Là où vont nos pères» nous plonge avec humour et poésie dans une dimension inconnue.
Grand Prix Allemand de la Litterature de Jeunesse, Foire de Francfort, 2009.
Prix du livre de l'année 2009 en Australie (Catégorie Jeunes Adultes).
Aurealis Award du meilleur livre illustré en 2008 en Australie.
C'est le grand retour du plus célèbre duo de la BD française. Les auteurs du journal d'Henriette et de Monsieur Jean, Grands Prix d'Angoulême 2008, s'attaquent cette fois aux bobos. Leur dessin est toujours aussi beau et enlévé, leurs couleurs superbes et leur humour vise toujours aussi juste. Et c'est avec une auto-distanciation assumée et un second degré réjouissant, une ironie parfois désabusée mais jamais désespérée qu'ils brossent cette approche quasi ethnologique du monde des bourgeois-bohèmes.
Architectes d'intérieur, intellos bavards, vieilles psys, stars de la télé, humanitaires… pas un bobo n'échappe au portrait à l'acide brossé par des Dupuy et Berberian déchaînés qui ont réalisé cet album réjouissant avec un plaisir manifeste, plus que communicatif.
Il y a autant d'embrouilles autour d'Aya que de moustiques à Abidjan. Mamadou fait le génito pour la femme du prof de biologie tandis que Félicité, soupçonnée d'être riche, est séquestrée au village par son père. De son côté, Grégoire, le gars moisi, a été recruté par l'Église réformée de Dieu « aucun malade ». Et les Sissoko sont à la recherche de leur fils Moussa, qui a disparu dans la savane avec l'argent de la famille. Pendant ce temps à Paris, Innocent, l'aventureux coiffeur, découvre que l'homosexualité n'est peut-être pas aussi bien acceptée en France qu'il l'espérait.
Il fallait bien Le Louvre, Robespierre et le peintre David pour réunir ces deux personnalités.
Une collaboration inédite, entre Bernar Yslaire, auteur de Sambre, du XXè Ciel, du Ciel au-dessus de Bruxelles ou récent scénariste de La Guerre des Sambre, et Jean-Claude Carrière, scénariste de Bunuel, Wajda, Forman ou Louis Malle au cinéma, mais aussi dramaturge, romancier, comédien. Immense homme de lettres.
Le quatrième album co-édité par Futuropolis et Le Louvre fera incontestablement date. Son casting est déjà un événement. Mais au-delà de l’accolement de deux grand noms, Le Ciel au-dessus du Louvre est surtout une plongée dans la Révolution Française sous un angle totalement inédit : celui de la représentation de la Révolution.
Réfugiée en Australie, Léna tente de reconstruire sa vie loin de la violence aveugle des attentats. Les services secrets, cependant, ne l'ont pas oubliée. Elle doit bientôt replonger dans la folie humaine, passant par une Géorgie très trouble et un camp d'entraînement sub-saharien, avant de finir dans une planque parisienne en compagnie de trois femmes vouées au martyr. Pierre Christin et André Juillard reforment le tandem qui nous avait tant bouleversé avec Le Long voyage de Léna, et signent une oeuvre rare, à la fois politique et contemplative, qui donne à décrypter notre monde torturé.
Elle s'appelle Léna. C'est une jeune femme brune, élégante et mystérieuse. On ignore d'où elle vient et où elle va. Son voyage commence à Berlin-Est, dans le quartier où vivent les anciens dignitaires d'un régime effacé par le vent de l'Histoire. Léna rend visite à un homme qui lui remet une liste de noms et de numéros de téléphone, qu'elle apprendra par coeur avant de la détruire. Après Berlin, il y aura Budapest et un autre rendez-vous. Et après Budapest, Kiev, Odessa, la Turquie et la Syrie. À chaque fois, une rencontre. Peu de mots prononcés, juste un objet étrange remis par Léna à son destinataire ? une boîte de pâtes d'amandes, un flacon de parfum, un nécessaire pour diabétiques.
Avec Le long voyage de Léna, Pierre Christin et André Juillard entraînent le lecteur à travers une Europe qui entremêle aujourd'hui et hier. Une Europe où les soubresauts d'une Histoire pas si lointaine semblent se prolonger dans d'étranges projets partagés par ces femmes et ces hommes dont Léna croise la route. Mais elle, quel rôle joue-t-elle? Christin et Juillard laissent planer le doute sur ses intentions. En toile de fond, on devine les ombres du terrorisme international nourri par la frustration d'un passé qui semblait enterré, celui de l'idéal communiste. Récit d'un parcours pas comme les autre baigné de nostalgie et de mélancolie, Le long voyage de Léna permet à Pierre Christin de laisser libre cours à son intérêt pour l'Histoire et pour le destin contrarié des pays de l'Est. Pour leur première collaboration, Pierre Christin et André Juillard signent mieux qu'un album réussi : Le long voyage de Léna est d'ores et déjà un classique.
Album concept dans lequel Kent, devenu martien pour l'occasion, visite la Terre et pose un regard étonné et inquiet sur la planète bleur. 12 histoires issues d'un "Mars magazine" utopiste où, dans un futur proche, l'homme de Mars ne ferait plus peur aux humains. Avec le CD audio contenant les 12 chansons. La jaquette se déplie pour obtenir un poster.
Désormais liés par la passion, le journaliste Kurt Severing et l'artiste peintre Marthe Müller poursuivent leur engagement esthétique et militant. Le développement des idées nazies semble irrésistible mais, devant la montée des discours guerriers, la vie nocturne de Berlin semble plus active que jamais, entre boîtes de jazz et égéries lesbiennes et amateurs de cigares ou de cocaïne.
Berlin – La Cité des pierres est la première partie d'un captivant récit dont les personnages principaux sont le journaliste Kurt Severing et l'artiste peintre Marthe Müller. Ce roman graphique couvre une période de huit mois passés à Berlin, de septembre 1928 au 1er mai 1929, et reconstitue méticuleusement les espoirs et les combats de ses habitants, tandis que leur futur s'obscurcit à mesure que les idées nazies se développent.
On retrouve le baron Jean-Dextre Pandar de Cadillac au Bénin, à la recherche de son sexe volé par un envoûtement intempestif, puis à New York au cœur des élections présidentielles de 2004…
Quatre mois seulement après le 1er tome, Nicolas Dumontheuil, en très grande forme, nous entraîne dans son tour du monde virevoltant à la suite du baron Jean-Dextre Pandar de Cadillac ! Un récit de voyage rocambolesque et truculent !
Le landais volant, n’est autre que le Baron Jean-Dextre Pandar de Cadillac.
Sa quête ? Les Autres !
Ainsi voyage-t-il autour du monde à la découverte d’autres cultures, d’autres civilisations…
À travers ce personnage truculent, Nicolas Dumontheuil raconte ses propres voyages (moins mouvementés), et porte un regard sur le monde, au-delà de l’humour, d’une belle humanité…
Retrouvez la trilogie complète de Marvano dans un élégant coffret au tirage limité et revivez les grands moments de l'année 1961 à travers un calendrier inédit, numéroté et signé par l'auteur.
Deux histoires s’entrecroisent. Celle de Murphy père en 1961 à Berlin, au moment de l’édification du mur, et celle de Murphy fils qui tente de compléter le puzzle commencé par le capitaine, trente ans plus tôt. Son enquête l’amène en Alsace où un mystérieux “prince russe” est mort dans l’incendie, probablement criminel, de sa villa. Les cassettes que son père a enregistrées à son intention lui permettent de remonter le fil du passé. Elles l’éclairent notamment sur la personnalité d’Helena et lui apprennent l’existence du fils qu’elle a eu avec Rudi Fechter, un stalinien convaincu. Au moment où, avec l’aide de Stuart Leroy toujours amoureux, Helena décide de passer à l’Ouest, les Allemands de l’Est ferment les frontières. Murphy fils tente de découvrir la véritable identité du “prince russe” et cherche à savoir qui est “l’étranger”. Cet homme tout de noir vêtu l’épiait depuis le café de l’inénarrable madame Kathy.
Un album qui, comme les précédents, mêle habilement la petite et la grande histoire.
En 2005, Nicolas Wild, dessinateur de bande dessinée sans domicile fixe, trouve à la fois un plan squat et un boulot. Seulement c’est un peu loin : à Kaboul, dans un Afghanistan encore instable après la guerre.
Voilà donc ce jeune insouciant transporté dans une capitale en crise, chargé de dessiner une adaptation de la constitution afghane, puis de travailler sur la campagne de recrutement de l’armée. Il devient dès lors un observateur privilégié de la reconstitution hésitante du pays tout en menant la drôle d’existence des expatriés occidentaux à Kaboul. Il sent progressivement naître un fort attachement pour ce pays où il décide, malgré les risques de prolonger son contrat.
Un regard ironique et pertinent sur les réalités de ce pays au cœur de l’actualité.
Vive tension aux Ravenelles ! Manu, fragilisé par le départ de Mariette pour la fac, va t-il trouver dans l'opposition au maire Adrien Coquelot une issue à son mal de vivre? Rien de moins sûr quand on sait les pressions que font peser sur lui les hommes en noir du Krachdiscount, et la confirmation inquiétante par l'ermite que les atlantes rentrent la nuit par les chatières... Un tome 5 qui installe définitivement et avec drôlerie, le petit monde poétique et attachant du Retour à la terre.
Revoici Gus et sa bande d’outlaws qui continuent, sous forme d’une suite d’histoires courtes, à arpenter l’ouest américain… qui ne manque pas de charme. Surtout quand il est fréquenté par ces dames ! Le talent éclatant de Christophe Blain est une nouvelle fois au rendez-vous.
Joann Sfar retrouve en bande dessinée la poésie, l'émotion et toute la force symbolique du célèbre conte. Fidèle au livre de son enfance, il l'est aussi à lui-même et raconte l'histoire avec la grâce et la générosité qui le caractérisent.
Grâce au talent de Philippe Geluck, LE CHAT (d’abord créé en Belgique en 1983 dans le quotidien Le Soir, puis popularisé initialement en France par le magazine (À Suivre) édité par Casterman) est devenu au fil des années un personnage extraordinairement populaire, connu de tous. Ses aventures, toujours sur format court (illustration, strip ou planche), sont faites d’aphorismes, de gags, de clins d’oeil ou de jeux de mots – autant de facettes de l’inépuisable humour de Philippe Geluck, gagman au long cour et à la notoriété sans cesse grandissante...
Fin des Sarcophages du 6ème continent, alors que Mortimer, choqué et transi de froid est ramené à la civilisation, Olrik, enfermé dans son sarcophage s’enfonce dans la banquise. A son retour à Londres, Mortimer, affaibli, ressent de terribles maux de tête et a parfois des pertes de mémoire. Heureusement entouré de Blake et de Nastasia, il recommence à travailler et se passionne surtout pour une mystérieuse roche ramenée du Pôle Sud, semblant porter des traces d’une civilisation disparue.
Cette recherche va entraîner le savant, accompagnée de Nastasia et de Sarah Summertown, vers le lac Ngorongoro (Tanzanie) pour une superbe aventure africaine, dans des décors digne de Out of Africa.
Dans la plus pure tradition « jacobsienne » d’aventure au long cours et de joyeuse anticipation scientifique, Yves Sente (au récit) et André Juillard (au dessin) troussent un album incroyablement imaginatif, exotique et trépidant, capable d’entraîner dans son sillage le plus orthodoxe des fans de Blake et Mortimer, comme le dernier des néophytes. Tout Jacobs y est, et même plus : tribus magiques, espions déguisés, Mortimer en plein questionnement identitaire, des fauves déchaînés, une tasse de thé et une Cité perdue...
Pour ce quatrième album de reprise, le duo Sente/Juillard a su, plus que jamais, conjuguer respect du fond et de la forme de la série – mise en scène, cadre, langue, rythme du récit, thématique – tout en adaptant l’ensemble à sa propre singularité ; une esquisse plus fine de l’intimité des personnages, ainsi qu’un coup de tonnerre scénaristique en fin d’album...
L'ascension du haut-mal est une autobiographie dessinée. L'auteur y raconte sa vie à travers l'épilepsie de son frère, ce "haut-mal" qui ne cesse de croître au long des 6 volumes et qu'il faut escalader. Sur les couvertures en jaune et noir on voit les deux frères, côte à côte, de face et à différents âges. Peu à peu, à mesure que le corps de l'un d'eux se déforme, le noir l'emporte, un noir fait de figures étranges, primitives et monstrueuses. Ces formes, violemment décoratives, figurent magnifiquement les peurs, les phantasmes ou la mort, intègrent le récit et s'emparent du décor pour dire les rêves, les souvenirs et les histoires que se raconte l'auteur enfant. Elles sont à la fois l'expression de tout cela et la manière d'y survivre.
David B. montre par le dessin comment le dessin lui a permis de gravir le haut-mal, comment il a mené (d'abord avec son frère lorsqu'ils étaient enfants, puis tout seul) un difficile travail d'exorcisme graphique.
C'est un travail du même ordre que l'on trouvera dans Le cheval blême, première oeuvre publiée de David B., où il note, comme le fit Perec en son temps, ses rêves ; ou bien dans le récent Babel (Vertige graphic, 2004) au sous-titre révélateur : « Rêves, mythologies, souvenirs, histoires ».
Patrick Quérillacq
L´Iran à la fin des années cinquante. Les bouleversements politiques et économiques de ce pays riche oscillant entre nationalisation des ressources pétrolières et dictature des puissances européennes ailleurs défaillantes, alors que dans le monde la décolonisation est en marche, servent de décor à ce nouvel album de Marjane Satrapi.
Reza, joueur de Tar, sorte de guitare perse traditionnelle, est un homme brisé. Dans un accès de colère et de jalousie, la femme de celui-ci détruit l´objet de tout son amour, et le précipite dans une dépression profonde et subite. Pendant les huit jours qui précèdent l´issue fatale, nous partageons avec le pauvre homme le souvenir des années de jeunesse, des amours perdus, ce temps où la vie était une promesse de joie et de musique. Une tendresse infinie et un gros chagrin que le talent de narratrice et de dessinatrice de Marjane Satrapi nous font partager.
Un livre à vous briser le cœur de sa poésie magnifique, qui ravira ceux qui sont déjà tombés sous le charme de Persepolis.
Claude Ollivier
Pour le pékin qui ne saurait sous quel angle d’attaque aborder ce livre… pas de panique ! D’un mode d’emploi il est doté : voilà qui vient fort à propos lorsqu’il s’agit de lire de droite à gauche. Anecdotique, diront certains ? Que nenni : bien que ce soit, pour la plupart des éditeurs français de mangas, la façon la plus fidèle de retranscrire les vignettes « inversées » du japonais, c’est un souhait particulier de l’auteur que cet aspect formel annonce au lecteur occidental le bouleversement de ses habitudes bédéistiques.
Que celui-là soit un féru de mangas ou non ne change rien à l’affaire : L’homme sans talent, la seule de ses œuvres publiée en français (non traduite en allemand) est bel et bien une BD d’auteur, une vraie. Précurseur en son temps, Yoshiharu Tsuge a contribué à révolutionner la bande dessinée par le choix d’un public adulte, par un travail quasi photographique de l’image, par l’introduction d’un genre jusque-là romanesque, l’autobiographie. Un personnage qui dit « je », une découpe en chapitres, des cadrages étudiés, une esthétique épurée façon jardin japonais, des ruptures brusques créant un décalage pour neutraliser le pathos. Un personnage a contrario des exigences de rendement et de compétences de la société de consommation ; désabusé mais pas blasé, le ton vif et l’humour acerbe, il nous entraîne, avec fantaisie et noirceur réaliste, sur les traces d’un homme ayant tour à tour échoué dans la vente des cailloux et des appareils photos, ami d’un oiseleur et d’un brocanteur sans clients, et qui résiste encore et toujours à ce qui « marcherait » à coup sûr : la BD… Cette dernière devient alors l’une des valeurs conservées à l’ère du tout consommable, par un « homme sans talents » qui n’en est pas un. Plutôt un homme qui vit un choix à une époque où la société tend à imposer la même marche à tous. Disons, le dernier des excentriques…
Marion Doublet